La fin du courriel

2 janvier 2012

Après 40 ans de loyaux services, le courriel est-il en voie d’extinction?

Au moment d’écrire ces lignes, je viens de terminer la lecture d’un article qui traite de la décision de la société française Atos Origin d’éliminer l’usage du courriel d’ici 3 ans. Assez surprenant comme affirmation, surtout si je considère le volume de courriels qui aboutit quotidiennement dans ma boîte de réception. Et qui ne semble pas vouloir diminuer, bien au contraire.

Ce que vise Atos, une société de services en ingénierie informatique (SSII comme on dit en France), est d’amener les conversations par courriel vers une autre plate-forme, comme la messagerie instantanée et les réseaux sociaux. Une plate-forme qui serait mieux adaptée au travail collaboratif, à la captation de la connaissance de ses 50 000 employés répartis dans le monde.

En effet, et vous l’avez sûrement remarqué vous-même, vos archives de courriel contiennent des éléments d’information qui sont essentiels, voire critiques, pour la gestion de votre organisation ou de votre service. Or ces informations sédimentent dans les dossiers de votre système de courriel, uniquement accessibles à vous-mêmes. Et peut-être même difficilement accessibles, selon l’acuité de votre sens de l’organisation.

Le logiciel de courrier électronique est l’outil qui organise nos vies et notre travail. J’ai souvent entendu des gens dire que leur vie est dans Outlook ou Notes (ou insérez ici le nom de votre logiciel favori). En fait, on estime qu’il s’échange environ 2,8 millions de courriels à chaque seconde pour un total de 294 milliards de courriels par jour ou 90 trillions par année (et ces données datent de 2010).

Vous cherchez la dernière version des prévisions budgétaires? Elle est quelque part dans vos courriels parce que votre collègue vous l’a envoyée la semaine dernière. La trouver, maintenant, est le défi : les logiciels de courrier électronique (du moins ceux qui résident sur nos postes de travail) n’ont pas toujours le génie de la recherche. Si bien qu’on installe des logiciels pour indexer et faire des recherches plus efficaces dans notre pile de messages et leurs pièces jointes. En fait, un sondage a déjà estimé que dans les grandes organisations, on perd en moyenne 38 minutes à chercher un document.

Communiquer autrement

Parallèlement à cela, les observateurs de tendances remarquent une baisse de l’utilisation du courriel au profit des plates-formes de communications sociales ou autres. On échange avec ses amis sur Facebook, on communique avec des connaissances sur Twitter ou sur LinkedIn, on clavarde par messagerie instantanée avec des collègues de travail. Selon un sondage de la firme d’analyse britannique Ovum, près de la moitié (45 %) des consommateurs au Royaume-Uni affirment que l’utilisation des médias sociaux a réduit leur usage du courriel, 40 % disent qu’ils utilisent moins des lignes téléphoniques fixes, 34 % font moins d’appels sur leur mobile et que le nombre des messages texte qu’ils envoient a chuté de 29 %. (Les fournisseurs de services de télécoms vont commencer à s’inquiéter…)

Il en est de même pour la communication au sein des organisations. Tout comme pour Atos Origin, les organisations s’initient aux avantages des environnements de collaboration ou des portails qui comprennent des forums ou des outils de messagerie intégrés (de type fil d’activité à la Twitter ou Facebook), ou directement avec des produits comme Yammer ou Chatter (de Salesforce). La communication est ainsi plus ciblée et le contenu demeure dans l’environnement de collaboration, rendant ainsi l’information accessible à tous.

Trop d’outils ?

On assiste ainsi à une spécialisation des outils. Alors que le courriel était une plate-forme tout usage pour communiquer avec tous, on utilise l’environnement de collaboration pour les communications sur les projets, la messagerie instantanée pour les infos rapides, Facebook pour les amis, Twitter pour faire des appels à tous ou diffuser de l’info, et quoi encore ? Le chroniqueur Robert Scoble abordait ce sujet récemment, avec une perspective personnelle, dans un billet via Google+ soulignant le fait qu’il parlerait du resto où il soupait sur Foursquare et Facebook, qu’il pourrait publier une photo de son plat sur Instagram, sans oublier Oink, Foodspotting, Path et quoi encore. (Il concluait qu’il y avait désormais trop d’outils pour faire le vantard sur les réseaux.)

À trop vouloir utiliser des outils hyperspécialisés pour communiquer, on risque de s’éparpiller et de ne plus pouvoir suivre. Il faut trouver un équilibre entre l’utilisation à toutes les sauces du courriel et son élimination au profit d’une collection d’outils pointus.

Je vous invite à venir commenter ce billet ci-dessous. Ou si vous préférez, vous pouvez aussi m’en parler sur Facebook, Google+, LinkedIn, Twitter et même me faire un commentaire sur Audioboo ou avec un clip sur YouTube : dans tous les cas, je recevrai un courriel pour m’en informer…!


L’Annexe #alogiciel : conversation sur le libre

3 novembre 2011

Dans le cadre de la Journée informatique du Québec 2011, tenue hier sous l’égide de la section de Québec du Réseau, j’ai eu le plaisir d’animer un atelier de l’Annexe (le « Off-JIQ » ou le « JIQCamp », si on veut) une nouvelle formule que les organisateurs destinaient aux personnes qui désiraient participer activement à la conversation sur des sujets d’intérêt en matière de TIC.

On m’avait confié l’animation de l’atelier Logiciel libre de l’Annexe où se sont rassemblés plus d’une trentaine de participants de tous les horizons : apôtres du logiciel libre, intégrateurs et gestionnaires de solutions d’affaires incorporant du libre, professionnels des TI intéressés par l’intégration de solution en code source libre au sein de leur écosystème technologique, étudiants sensibles à ces solutions et professionnels curieux intéressés ou passionnés du sujet.

La discussion, passionnante et intéressante – de mon avis totalement subjectif d’animateur! – nous a certainement permis de dépoussiérer ou revisiter certains vieux mythes quant à l’utilisation du logiciel libre dans les organisations. Mais nous avons aussi pu discuter des soucis et des préoccupations de ceux qui commencent à s’intéresser au libre et des pratiques ou des approches suggérées par ceux qui ont déjà intégré du libre dans leurs applications d’affaires.

Utilisation timide ?

En fait, et ceux qui ont participé voudront sans doute commenter sur le sujet ou sur cette affirmation en particulier, nous sommes obligés de constater que l’utilisation du libre dans les applications de l’écosystème technologique de « mission » des organisations n’est pas encore très répandue. Un grand nombre des participants ont mentionné que s’ils étaient des utilisateurs du libre sur une base personnelle, peu d’entre eux pouvaient affirmer que le libre était une chose courante dans leur environnement de travail.

Nous étions à Québec, et par conséquent plusieurs des participants à l’atelier provenaient de ministères et d’organismes gouvernementaux, lesquels devront faire une place au libre dans leurs considérations technologiques, en raison de modalités énoncées dans la Loi 133 portant sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles. Ceci dit, je ne serais pas surpris que ces modalités, cette prise de conscience (de considérer les solutions libres sur le même pied que les solutions commerciales ou propriétaires) aient également une influence sur le secteur privé : si cette approche est bonne pour l’appareil gouvernemental, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les autres organisations ?

Si le nouveau cadre de gestion des TI nécessite une considération sérieuse du libre dans les choix, il n’empêche que ces choix devront se faire selon une même grille d’analyse que les solutions commerciales.

 

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La mobilité qui change tout

11 octobre 2011

Après l’arrivée de l’ordinateur personnel dans les années 1980 et la démocratisation d’Internet au milieu des années 1990, le vecteur le plus important du changement en technologie est désormais la mobilité.

Les outils sont mobiles, les réseaux sont mobiles, les services sont mobiles. La première question en arrivant à l’hôtel ? Avez-vous l’Internet sans fil dans les chambres ? J’ai besoin de connecter mon ordinateur portable, ma tablette, mon téléphone intelligent et quoi encore.

Ces appareils ne sont pas nouveaux. Si les modèles d’aujourd’hui sont beaucoup plus évolués qu’il y a 10 ans, en particulier dans le cas des tablettes, c’est surtout l’écosystème informatique dans lequel ils évoluent qui réunit toutes les conditions requises pour assurer le travail mobile, le divertissement mobile, la vie mobile.

Quand une tablette évoluée se conjugue avec un réseau sans fil accessible partout et des services en nuage, notre rapport à nos outils informatiques s’en trouve transformé. Je peux écrire ce texte dans le train entre Montréal et Toronto, et au moment où j’effectue une sauvegarde, une notification apparaîtra sur l’écran d’un collaborateur qui pourra ouvrir le fichier et le consulter. Un collaborateur qui sera lui-même n’importe où sur la planète, tant qu’il accède au réseau, avec ou sans fil.

La disponibilité courante de ces outils nous rend exigeants tout en nous faisant oublier la complexité de l’infrastructure qui intègre toutes les composantes requises à la livraison du « signal » Internet, qu’on a déjà appelé le « webtone » par analogie avec le « dialtone », dans un contexte mobile.

On ne peut plus s’en passer. Suffit de regarder autour de soi pour voir combien de gens « facebookent » et « twittent » sur leur téléphone mobile en marchant sur le trottoir, pendant que d’autres « textent » et consultent leur courriel.

Et nous recherchons cette expérience, peu importe où nous sommes, peu importe la plate-forme que nous utilisons, et nous voulons même passer de l’une à l’autre et reprendre là où nous avons laissé sur l’autre, en exigeant bien sûr que le contenu s’adapte à la plate-forme en matière de format, par exemple.

Ce qui présente tout un défi pour les organisations. Tant celles qui inventent les solutions que celles qui les utilisent. Comment nos clients et nos utilisateurs pourront-ils faire leurs transactions bancaires et leurs achats aussi facilement sur leur ordinateur portable que sur une tablette ? Comment les citoyens pourront-ils accéder aux services gouvernementaux avec un téléphone intelligent? L’avenir du dossier santé passe-t-il par une application mobile que l’on installera sur son téléphone ? À quand le paiement mobile à large échelle ?

Nos organisations sont très conscientes de ces défis et de plus en plus créent des solutions d’affaires qui se déclinent sur des plates-formes mobiles, sur toutes les plates-formes mobiles. Ce n’est plus une question d’originalité ou d’innovation pour faire sensation : c’est une nécessité, une exigence des clients.

Au sein même des organisations, il faut aussi rendre accessibles les données corporatives et les applications de mission à travers des interfaces ou des applications adaptées à ces plates-formes mobiles, toutes tailles confondues. Comme employé, je veux mes dossiers sur ma tablette lorsque je visite mon client manufacturier ou que mon travail d’inspection m’amène dans un établissement agricole.

Au-delà des plates-formes et des appareils, ce que nous observons dans le moment, ce n’est pas uniquement une question de WiFi branché sur des services en nuage, c’est véritablement le virage vers l’organisation mobile. Et ça, c’est un changement de paradigme.

 


Une culture de collaboration

4 juillet 2011

Avant de mettre en place des solutions technologiques de travail collaboratif, il faut savoir quel problème on tente de régler.

Tous les observateurs le disent, nous traversons une époque où la productivité des organisations sera décuplée par le « travail collaboratif ». J’ajouterais le qualificatif « efficace » à cette expression.

C’est vrai. Il est rare désormais que les projets dans lesquels nous sommes impliqués soient le fait du travail d’une seule personne. En général, plusieurs individus d’une organisation sont sollicités dans la cadre de la réalisation d’un projet.

Les mêmes observateurs cités plus haut enchaînent ensuite avec la proposition que vous avez besoin d’un outil, d’une plate-forme voire d’un environnement de collaboration qui permet aux gens de travailler ensemble pour mieux ou plus rapidement parvenir aux résultats escomptés.

Nous tous, technophages que nous sommes, hochons de la tête et acquiesçons généralement à cette affirmation.

C’est vrai. Vous vous rappelez sûrement la dernière fois que nous avons dû produire tel document d’analyse stratégique ou que nous avons planifié le déploiement de tel projet TI : combien de courriels nous sommes-nous échangés? Combien de versions du document d’analyse fonctionnelle ont circulé? Bien sûr, si nousavions une bonne plate-forme de travail collaboratif, nous n’aurions pas eu ce genre de problème.

Voilà, nous sommes tout près de la solution, n’est-ce pas ?

Pas toujours à mon avis. Je crois qu’il faut d’abord faire le diagnostic de l’état de la culture de collaboration au sein de notre organisation.

Le travail collaboratif n’est pas une réalité nouvelle. C’est le bon vieux travail en équipe, ou même le travail en équipe multidisciplinaire, sur lequel on a mis une nouvelle étiquette.

Avant d’imposer une technologie à un problème, il faut d’abord avoir identifié s’il y a un problème ou s’il y a une perception ou un constat d’inefficacité dans l’organisation qui nécessite d’y apporter une solution.

En général, selon les observations que j’ai faites dans de nombreuses organisations, le premier défi à relever est celui de la culture d’organisation. S’il y a des pertes de productivité, c’est peut-être relié à une absence de culture de travail en équipe.

Je pense en particulier à Paul qui garde les copies de documents sur son poste, une copie locale sur laquelle il travailleet qu’il ne synchronise pas toujours sur le serveur par la suite. Ou encore à Jacinthe qui ne répond pas à ses courriels à propos de l’état du projet et à Robert qui ne met jamais à jour la liste des tâches dans les documents de projet.

Imposer à Paul, Jacinthe et Robert une solution de travail collaboratif sans intervenir sur la culture même du travail en équipe risque de donner des résultats très approximatifs. Il faut gérer ce changement.

Il n’y a pas de magie à l’implantation d’une plate-forme technologique de travail collaboratif. En ce domaine, comme ailleurs, une solution technologique agit comme un facilitateur à des processus fonctionnels. En l’absence de manières de faire déjà établies, les technologies auront le mauvais rôle d’un amplificateur d’inefficacité.

Ce qui n’est pas un nouveau message, vous l’avez déjà entendu. Il faut simplement le répéter à ceux qui vous brandissent une technologie comme une solution universelle à tous vos problèmes.

Vous avez un commentaire sur ce sujet? N’hésitez pas à ajouter votre grain de sel ci-dessous!


Mon avis: les technos font partie de la solution…

6 juin 2011

Je ne crois pas que l’auteur de ce commentaire publié aujourd’hui dans le Devoir ait voulu particulièrement blâmer les technos. Dans son texte qui devrait tous nous porter à réfléchir par ailleurs, il visait plutôt l’individualisme, le manque d’intérêt pour la Culture, pour la Politique et la Littérature, pour l’Histoire, etc.

Ceci dit, je suis d’avis que les technos peuvent faire partie de la solution. Siégeant sur le conseil d’établissement de l’école primaire de mon quartier pendant plusieurs années, j’ai défendu, notamment, le point de vue suivant: les professeurs sont en concurrence avec les consoles Wii et Xbox, les PSP et les iPod, voire aujourd’hui les tablettes de toutes natures. Il faut donc faire avec et affronter la concurrence. Utiliser les réseaux comme canal.

La semaine dernière, j’ai discuté avec une prof de cette même école primaire qui vient d’installer deux tableaux blancs interactifs. Elle est enchantée des résultats, de voir les élèves s’empresser de venir au tableau pour corriger des dictées ou souligner les rimes d’un poème.

Voilà, CQFD. Il faut faire avec, embrasser ces nouveaux moyens, pour intéresser.

Ce qui ne nous défile pas, comme parents, de la responsabilité d’ouvrir des portes vers la culture, la littérature, etc…

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Enseignement au collégial – Les nouveaux demi-civilisés

Dans Les Demi-Civilisés, publié en 1934 par le journaliste et romancier Jean-Charles Harvey, l’auteur dépeint sans réserve une société captive de la Grande Noirceur où la liberté n’a pas sa place, un monde où le clergé impose des œillères énormes à ses ouailles assujetties, un monde où toute originalité artistique est vite associée à la turpitude.
De toute façon, que pourrait-il y avoir à apprendre maintenant qu’il y a Google, Wikipédia et Facebook? Le monde et toutes les connaissances sont au bout de leurs doigts!

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Introspective et perspective

10 mai 2011

Les conclusions du rapport du Vérificateur général du Québec concernant le Dossier de santé électronique et quelques autres projets en TI au Gouvernement du Québec devraient nous porter à réfléchir.

Il est facile de se servir de ces conclusions pour élaborer un credo de critiques, mais je ne suis pas certain que ce faisant nous contribuons à faire avancer les bonnes pratiques en matière de développement de système d’information.

 

Introspective

Au moment où le vérificateur a publié son rapport, j’étais en train de vérifier les bogues et oublis du nouveau site Web du Réseau. Un tout petit projet informatique si on le compare à n’importe lequel des projets dont on parle dans ce rapport, mais un projet tout de même. Je n’ai pu faire autrement que constater que les mêmes reproches pourraient probablement être faits à propos de notre projet de rajeunissement de site Web que ceux qui sont faits aux projets mentionnés dans le rapport. Dans notre cas comme dans d’autres, nous avons dû réviser la portée du projet afin de respecter nos budgets et nous avons dû revoir la date de mise en ligne. Et après le lancement, nous avons continué de découvrir des petites erreurs que nous avons évidemment corrigées avec empressement.

Je suis persuadé que vous pourriez faire les mêmes constatations à l’égard de plusieurs de vos projets. Les ordres de grandeur peuvent varier, mais les risques se ressemblent.

Je crois que la publication de ce rapport devrait être l’occasion pour nous tous, décideurs, gestionnaires et professionnels des TI, de faire un peu d’introspection. Nos règles de gouvernance sont-elles paramétrées de manière à nous éviter des échecs et des dérapages ? Nos méthodes de gestion et de suivi de projet nous permettraient-elles de voir suffisamment tôt les signes d’un projet qui pourrait éprouver des difficultés dans sa réalisation? Et le cas échéant, aurions-nous les réflexes et la capacité d’intervention pour nous permettre de réagir à temps pour corriger le tir ?

 

En perspective

Ce genre de situation est-il unique aux projets de TI? Un projet de rénovation domiciliaire, la construction d’un édifice à bureau, le lancement d’un nouveau produit ou la conclusion d’un contrat à l’international, nombre de projets se terminent avec un certain retard, un dépassement des budgets ou une révision (à la baisse) de la portée. Ce n’est pas une situation exclusive aux projets informatiques.

Pourquoi? Les projets modernes, quels qu’ils soient, sont complexes, les intervenants nombreux, les défis techniques risqués et les budgets serrés. Peu importe l’industrie, peu importe la pratique. Ça ne remet certainement pas en cause le professionnalisme de tous les intervenants et la qualité de leur travail.

Les projets publics ont le « désavantage » d’avoir beaucoup plus de visibilité que les projets privés. Et des projets comme le DSQ sont d’une rare complexité, ne serait-ce que du point de vue du nombre et de la diversité des sources d’informations que l’on tente d’intégrer, de rendre disponibles à tous ceux qui doivent y avoir accès, et ce, en toute sécurité. On imagine facilement tous les risques qui peuvent être associés à ce genre de projet.

Je ne crois pas me tromper en disant qu’on pourrait certainement recenser un grand nombre de projets, publics ou privés, qui ont réussi à respecter leurs budgets, leurs échéanciers et le périmètre des fonctionnalités prévus à l’origine. Sauf qu’on en parle moins dans les médias et ils risquent moins d’attirer l’attention d’un vérificateur.

Vous avez des commentaires? N’hésitez pas à vous exprimer ci-dessous.

 


La perspective du dirigeant

3 mai 2011

Le point de vue sur les technologies est très différent selon que l’on se place dans la peau de l’utilisateur passionné ou dans celle du haut gestionnaire des TI. Visions opposées ?

J’assiste souvent à des panels, des tables rondes ou conférences, soit en tant qu’animateur/ modérateur ou comme participant, dans le cadre d’événements en TI. Quelques fois, il s’agit de rencontres privées avec des dirigeants. À l’occasion, c’est un colloque public qui rassemble un grand groupe de spécialistes et de décideurs.

Je suis toujours frappé par les différences de visions entre les utilisateurs passionnés des technologies et les gestionnaires des mêmes technologies au sein des organisations.

J’entends souvent des critiques des utilisateurs passionnés qui fustigent les dirigeants des TI parce qu’ils n’adoptent pas telle technologie ou ne favorisent pas telle approche.

Récemment, je participais à un panel sur l’adoption des tablettes numériques en entreprise dans le cadre de l’événement Intracom de la section de Montréal du Réseau.

Est-ce que les entreprises utiliseront massivement les tablettes de type iPad ? D’entrée de jeu, je n’ai pu m’empêcher de constater que de convaincre un dirigeant en TI d’adopter massivement le iPad (par exemple) pourrait être ardu. Il suffit de visiter la boutique en ligne d’applications pour iPad, pour s’apercevoir que 8 des 12 applications les plus vendues sont des applications de jeu, de divertissement ou de réseautage social. Dans le cas des applications gratuites, c’est 12 sur 12. Voilà qui peut rendre nerveux un dirigeant.

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Encore loin des communications intégrées

1 mars 2011

Nous sommes à l’ère des modes multiples de communication. Ce qui présente un certain nombre de défis, c’est le moins qu’on puisse dire.

Avec la plupart de mes contacts professionnels, c’est le courriel qui est le mode de communication privilégié, beaucoup plus que le téléphone. Bien sûr, la plupart des gens utilisent mon adresse @actionti.com mais de nombreux autres préfèrent une de mes adresses personnelles, souvent sans le savoir parce que leur logiciel de courrier électronique utilise ce qui lui tombe sous la main.

Un certain nombre de personnes de mon entourage professionnel, amateurs de Twitter, préfère communiquer avec moi par le biais de messages publics ou privés via ce réseau social. Pour d’autres, la communication passe par Facebook ou encore par LinkedIn.

Pour quelques proches, la messagerie texte (les « SMS ») demeure un moyen sûr de me rejoindre en tout temps.

Avec certaines personnes de l’équipe du Réseau, outre les conversations en personne dans le corridor ou les réunions impromptues dans nos bureaux, nous utilisons aussi la messagerie instantanée, et comme chacun a ses préférences de services, j’ai un client multiprotocoles qui me permet de communiquer avec mes contacts sur GTalk, MSN, Live, Yahoo, AIM, etc. (D’ailleurs souvent, j’échange aussi avec mon fiston, adolescent, par messagerie instantanée… un conférencier dont j’ai oublié le nom appelait cela du « text- based parenting » ou – traduction libre – éducation des enfants en mode texte !)

Certains de mes contacts favorisent Skype, histoire d’améliorer l’échange par une présence face-à-face virtuelle par visioconférence.

Il reste bien quelques personnes pour qui le premier réflexe est le téléphone… ou un de mes téléphones parce que certains composent mon numéro de bureau, d’autres mon numéro mobile.

Ainsi, pour recevoir les appels, messages, courriels et autres, de tout le monde, j’ai besoin de plusieurs outils de communications disponibles à la fois. Un petit casse-tête, à l’occasion.

Et je dois avouer que j’ai quelques connaissances et néanmoins amis (vous vous reconnaissez sans doute !) qui font le tour de tous les moyens pour être certains que leur message passe : après deux appels téléphoniques, ils m’envoient un courriel et un message texte, peut-être même un DM sur Twitter…

Dans ce genre de contexte, remarquez, le courriel peut souvent agir comme outil fédérateur: les messages envoyés via Facebook et LinkedIn peuvent être acheminés à une adresse de courriel, tout comme les messages privés sur Twitter. Boxcar peut également être un intermédiaire utile pour faire afficher des notifications instantanées sur votre iPhone depuis de nombreuses sources (y compris des RSS, des réseaux sociaux et des serveurs de courriel).

Et vice-versa

Le problème se présente aussi à l’inverse. La communication efficace passe souvent par le bon choix du moyen de communication, selon le niveau de vitesse de réponse désirée en fonction des préférences de votre interlocuteur.

Si je veux une réponse immédiate de X, je lui envoie un courriel alors que pour Y, je dois le rejoindre sur son téléphone mobile. Un tel répond toujours aux messages privés sur Twitter alors qu’une telle autre est toujours branchée sur Facebook et on pourra se parler par le « chat » de ce service en ligne.

Pour d’autres, l’outil de communication privilégié peut dépendre de l’heure du jour. Voici donc une information de plus à consigner dans notre carnet d’adresses : « mode préféré de communications ».

Le défi de cette multitude de moyens de communication est la dispersion que cela entraîne. Il faut souvent passer d’un outil à l’autre pour passer d’un moyen de communication à l’autre. Et si on ajoute la communication que l’on effectue dans divers réseaux sociaux, publication d’un message ici, d’une photo là, d’une question à gauche et d’un lieu à droite, les outils se multiplient.

Il y a donc place à innovation en la matière. Vivement, un tableau de bord qui nous permet de tout regrouper nos points de contact en un seul environnement. Mais cela est-il vraiment possible ? Utilisez-vous certains outils qui constituent une bonne base de départ pour une approche de communication intégrée ?


L’informatique en nuage- comment le dire?

19 janvier 2011

Petite conversation que nous avons à l’instant sur Twitter relativement à la façon de dire «cloud computing» en français. Entre infonuagique (recommandation de l’OQLF) et informatique en nuage (un synonyme acceptable, je préfère le second.

Voulez-vous participer et y mettre votre grain de sel ?

 

heri (@heri):
11-01-19 15:13
@mcken @pgmartin @fbrunel pareil aussi pour « Cloud Service ». un service web nuagique? j’ai bcp entendu « dans les nuages »
https://twitter.com/heri/status/27820924099108864

Alain McKenna (@mcken):
11-01-19 15:09
@heri @pgmartin @fbrunel Faudrait la poser à l’OQLF celle-là..! Cloud server = serveur nuagier? nuagique? éthéré?
https://twitter.com/mcken/status/27819872666783745

heri (@heri):
11-01-19 14:53
@pgmartin @fbrunel @mcken ça manque de flexibilité tout ça. Comme on dit « cloud server »? serveur nuagique?
https://twitter.com/heri/status/27815848500535297

Patrice Guy Martin (@pgmartin):
11-01-19 14:51
@heri @fbrunel @mcken vous invite à chercher infonuagique dans le GDT (désolé on ne peut faire un lien direct…) http://bit.ly/dVnmK1
https://twitter.com/pgmartin/status/27815437488103424

Alain McKenna (@mcken):
11-01-19 14:33
@heri @pgmartin @fbrunel « Dans les nuages » exclut la notion de grappe indistincte. « En nuage » est plus précis. « Infonuagique » est poétique!
https://twitter.com/mcken/status/27810854145630208

heri (@heri):
11-01-19 14:24
@pgmartin @mcken @fbrunel et puis ça devrait être « informatique dans les nuages » non?
https://twitter.com/heri/status/27808607609298944

Patrice Guy Martin (@pgmartin):
11-01-19 12:42
@mcken @fbrunel remarquez que «informatique en nuage» fait partie des synonymes acceptés. perso, j’aime mieux ça.
https://twitter.com/pgmartin/status/27783015484624897

Frederic Brunel (@fbrunel):
11-01-19 12:37
@mcken C’est le mot officiel?
https://twitter.com/fbrunel/status/27781673932300288

Alain McKenna (@mcken):
11-01-19 12:22
@fbrunel Heh. OQLF oblige…
https://twitter.com/mcken/status/27778051098021889

Frederic Brunel (@fbrunel):
11-01-19 12:22
@mcken L’infonuagique? — http://t.co/C34Ck4X
https://twitter.com/fbrunel/status/27777940494225408

 

 


Marginal Twitter au Québec, vraiment? Peut-être moins qu’ailleurs, en fait.

14 octobre 2010

Le titre de cet article m’a fait sourciller: «Twitter demeure marginal au Québec». Mon réflexe a nécessairement été de comparer.

Il y a 1 966 514 816 utilisateurs d’Internet dans le monde (selon le site World Internet Stats, ici: http://www.internetworldstats.com/stats.htm). On estime, selon l’article en question qu’il y a 145 millions d’utilisateurs Twitter à l’échelle mondiale. Ainsi, le taux de pénétration de Twitter, sur une base globale serait de 7% environ.

Mais peut-être que Twitter est un phénomène plutôt occidental et que des chiffres mondiaux nous donnent une idée biaisée de la situation? Regardons alors plus près de chez nous, aux États-Unis par exemple, on parle de 17 millions d’utilisateurs Twitter estime Edison Research (ici: http://www.edisonresearch.com/twitter_usage_2010.php) sur une population d’environ 240 millions d’internautes. Pile 7% encore une fois.

Les 11% d’internautes Québécois qui disent utiliser Twitter ne sont peut-être pas si marginaux que ça, après tout.

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Twitter demeure marginal au Québec

Bien que les médias en parlent abondamment et que le site compte plus de 145 millions d’utilisateurs, il semble que les Québécois ne partagent pas encore l’engouement entourant Twitter.

Selon une étude publiée aujourd’hui par le Centre francophone d’information des organisations (Cefrio), seulement 11% des internautes québécois ont utilisé un microblogue au Québec au cours de l’année, une augmentation de 2% par rapport à 2009.

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