Apportez votre nuage

12 avril 2013

On a parlé abondamment de l’intégration des technologies personnelles dans les organisations et du phénomène des applications ou des infrastructures informatiques servies en nuage. Quelque part à mi-chemin, les nuages personnels viennent ajouter de la grisaille dans les environnements informatiques d’entreprise.

L’influence des technologies personnelles sur l’informatique en entreprise est un phénomène dont on convient largement. C’est un peu la victoire des Bill Gates et Steve Jobs qui défendaient, chacun à sa façon et différemment, l’appropriation des technologies par les utilisateurs. Bill Gates voulait mettre un PC sur chaque bureau, et Steve Jobs voulait simplifier l’informatique. Avec le recul, on peut constater que les deux ont réussi. Et alors que naguère aucune technologie n’entrait dans l’entreprise sans obtenir la bénédiction des services informatiques, aujourd’hui, l’utilisateur moyen a réussi le tour de force de commencer à imposer ses choix d’informatique personnelle à son organisation, en ouvrant la brèche par le biais des téléphones multifonctionnels et autres tablettes mobiles hyperconnectées. 

Aujourd’hui, de plus en plus d’organisations, même parmi les plus sensibles à la sécurité des informations, permettent à leurs employés d’utiliser leurs propres appareils pour accéder aux documents de l’organisation, au serveur de courriel corporatif, aux applications d’entreprise. 

Le réseau aura tout changé et permis de transformer tous les appareils en des points d’accès vers l’environnement de l’entreprise ou de l’organisation.

Il faut dire que l’approche de l’informatique en nuage, qu’il soit privé ou public, aura facilité ce virage. Pour des raisons d’optimisation des ressources, d’économies ou de simplification de gestion et de maintenance, l’informatique en nuage a «dématérialisé» des infrastructures, des applications, des services.

Pour les PME, c’est vraiment une occasion sans précédent pour accéder à une informatique de classe mondiale en utilisant des applications très évoluées pour optimiser les relations clients, collaborer, gérer des projets et quoi encore, avec des services qu’on achète à la pièce ou selon le nombre d’utilisateurs. Même Microsoft a changé son modèle d’affaires pour offrir sa suite Office en service logiciel sur abonnement, un canal de revenus récurrents et en continu auquel elle osait à peine rêver dans les années 1990.   

Pour les moyennes et les grandes organisations, cela présente un défi de gestion qui vient avec son lot de surprises. Comme me le confiait déjà un vice-président informatique, il a appris l’existence d’un outil de gestion de la relation client au sein de son entreprise par un appel d’un utilisateur à la recherche d’assistance. Or, il n’y avait pas de tel système dans le portfolio d’applications corporatives. Sauf qu’un directeur des ventes avait décidé de répondre à ses besoins d’affaires en ouvrant un compte sur un système en ligne chez un fournisseur bien connu pour équiper toute sa force de vente.

Combien d’entreprises et d’organisations n’ont aucune idée des applications d’affaires utilisées sous forme de services logiciels de manière courante au sein de l’organisation parce que chaque utilisateur apporte son morceau de nuage en entreprise ? Combien de Basecamp, Salesforce, Podio, groupes Google, CloudApp, EventBrite, GetSatisfaction, Zendesk, Doodle, MailChimp, GotoMeeting et autres Dropbox sont utilisés par des départements, des services, des succursales ou des groupes d’utilisateurs ? Sans aucun encadrement ni souci de la sécurité ?

Il est vrai que cette approche donne une souplesse de déploiement jamais imaginée auparavant et qu’on peut rapidement assembler des services en un tour de main pour répondre à des besoins pointus. Les gestionnaires et les professionnels des technologies doivent nécessairement jouer un rôle au sein de l’organisation dans ce contexte en permettant aux utilisateurs d’être conscients des risques que les applications et les services en nuage peuvent présenter. La direction informatique doit exercer un rôle-conseil à ce niveau et offrir un minimum d’encadrement de la démarche.

Pour certains d’entre nous, cela n’est pas sans rappeler la glorieuse époque de la bataille entre l’informatique centrale et l’informatique départementale. Comme quoi, l’histoire se répète.

 

 


Les effets spéciaux numériques: un eldorado technologique temporaire?

26 février 2013


Les paramètres de protection de la vie privée

7 février 2013

À l’ère du tout numérique, la protection de la vie privée est devenue un enjeu et une priorité pour les clients, les employés et les citoyens. Les spécialistes des TI ont un rôle à jouer dans ce dossier, des responsabilités à assumer.

Il n’est pas rare de lire des articles qui relatent des histoires d’usurpation d’identité ou autre atteinte à la vie privée. Et le traitement de ces sujets ne se limite plus aux publications ou aux sites web spécialisés en sécurité ou en informatique. Ce sont des sujets que l’on retrouve à la une des quotidiens. Et c’est fort compréhensible. À l’ère du tout numérique, l’information personnelle vit sur les réseaux et les considérations de protection de cette information touchent tout le monde. Lorsqu’il y a des failles ou des complications dans cette protection, évidemment que ça intéresse tous et chacun.

Cette préoccupation est également une conséquence du partage de nos informations personnelles que l’on effectue de plus en plus naturellement dans les réseaux sociaux, au sein de diverses communautés en ligne auxquelles nous participons.

D’ailleurs, on note une évolution des mentalités importante à cet égard depuis quelques années, surtout depuis le début de ce qu’on a appelé la vague 2.0 et des réseaux sociaux dont la finalité même est de permettre le partage, en ligne et en public, d’une foule d’informations, d’opinions et d’états d’âme.

À titre d’exemple, il y a plusieurs années, quand le Réseau (en fait, la FiQ à l’époque) avait revu son système de gestion de membres, il avait fallu restreindre la quantité des éléments d’information disponible dans le bottin des membres. Nos membres préféraient préserver la confidentialité de leur information de contact à son maximum.

Aujourd’hui, si on consulte le plus courant des profils LinkedIn, on pourra trouver toutes les informations requises pour contacter quelqu’un (et LinkedIn peut vous faciliter la vie à cet effet, grâce à ses propres services), en ayant en plus une connaissance détaillée du profil professionnel de la personne qu’on cherche à rejoindre. Mieux que ça, des outils de gestion de la relation client vont extraire de LinkedIn le profil de vos contacts afin de l’afficher avec la fiche de votre client directement (en ajoutant son fil Twitter si vous le désirez) ce qui vous permet de vous mettre en contexte de manière très efficace avant de faire un appel à votre client.

Partager de l’information personnelle est devenue un geste banal. Il est courant, et jusqu’à un certain point agaçant me direz-vous, de voir nos amis, collègues et connaissances partager certains détails de leur vie quotidienne. Depuis une photo de leur chat ou de leur assiette au resto à des photos d’arrière-scène à des événements sur Instagram (j’en suis moi-même coupable) en passant par des statuts divers qui, à première vue, n’intéressent qu’un auditoire restreint.

 

Contrôler ces paramètres

Si vous suivez les aventures de la famille Zuckerberg, vous aurez sans doute entendu parlé de la photo personnelle de Randi Zuckerberg, soeur de Mark le fondateur de Facebook et elle-même ex-directrice du marketing du réseau social, photo qui a été rendue publique par mégarde (voir ici ou ici). Ce qui illustre avec ironie la difficulté de contrôler les très complexes paramètres de confidentialité du service. (Les partisans d’une théorie du complot pourraient y voir un coup de marketing déguisé, qui sait.)

Ceux qui ont expérimenté le paramétrage de la confidentialité des profils de certains services en ligne, et qui ont lu, bien entendu au complet, les ententes de services en 45 pages de petits caractères légaux qui accompagnent ces services gratuits, savent à quel point il peut être complexe de comprendre et bien configurer le tout.

La question qu’on peut se poser à ce stade-ci relève de l’éthique, à mon sens. Est-ce une bonne pratique, est-ce «moral» de rendre les choses si complexes que les utilisateurs ou les clients de nos services n’arrivent pas à s’y retrouver? Est-ce normal que ces utilisateurs ou ces clients ne puissent pas comprendre simplement le risque auquel ils s’exposent?

Je ne crois pas. Et je suis persuadé que le spécialiste des TI est un intervenant dans ce dossier qui est en mesure de comprendre cette situation et d’expliquer aux parties prenantes, en amont, les conséquences de la conception d’un système qui obscurcit les engagements du fournisseur et fait se perdre en convolutions les choix de l’utilisateur.

Bien sûr, tout sera « légal », approuvé par le service juridique et expliqué dans les 45 pages du contrat d’adhésion en ligne. Mais l’informaticien devrait nécessairement penser, par exemple, à des éléments de mesures qui permettraient de savoir combien de temps l’utilisateur a accordé à la lecture de ces conditions (et communiquer cette information à l’interne). Les spécialistes de « l’expérience utilisateur » devraient mettre leur art et leur science à profit pour faciliter, par une bonne présentation ergonomique, la compréhension des paramètres et des caractéristiques de partage de l’information.

Les experts en TI doivent se pencher sur les enjeux éthiques que présentent les systèmes sur lesquels ils travaillent. En expliquer les tenants et les aboutissants dans le processus, y réfléchir en fonction des bonnes pratiques et de la sensibilité des clients, des utilisateurs et des citoyens à cet égard. Ce n’est pas une responsabilité qui repose sur leurs seules épaules, mais leur compréhension des enjeux technologiques et leurs connaissances des utilisateurs doivent être mises à contribution.


Un budget de transition

17 décembre 2012

Au cours des dernières semaines, le Gouvernement du Québec a déposé son budget (le plan budgétaire) pour le prochain exercice et plus récemment, son budget de dépenses, qu’on appelle généralement les crédits.

Si on résume, le budget présente la situation financière du gouvernement du point de vue des revenus, des mesures fiscales, des politiques de développement et des grandes catégories de dépenses. C’est au moment du dépôt des crédits qu’on peut voir où les dépenses sont affectées.

Le contexte politique et la situation minoritaire de ce gouvernement nous indiquent que ce budget en est un de transition. Comme à chaque changement de gouvernement, la situation est toujours moins rose que prévue et les défis plus grands. J’ai évidemment porté mon attention sur tout ce qui touche les technologies de l’information ou ce qu’on appelle les ressources informationnelles au sein de l’appareil gouvernemental.

Le budget définit certaines cibles ou priorités de ce gouvernement, notamment au niveau de la famille ou l’investissement privé, mais il n’y a pas une avalanche de mesures qui touchent le secteur des technologies de l’information. Parmi les mesures annoncées qui peuvent avoir un impact sur notre secteur d’activité, j’ai remarqué le Congé d’impôts pour les investissements (C2I) qui vise des investissements majeurs – plus de 300 millions – touchant notamment le domaine du traitement et de l’hébergement de données. C’est certainement un élément positif d’une stratégie d’attraction des investissements étrangers dans ce créneau, bien que le seuil d’entrée soit élevé.

Ce budget nous donne aussi certains indicateurs qui seront à surveiller au cours des prochains mois, voire de la prochaine année. Je pense notamment à l’annonce d’une nouvelle politique de recherche et d’innovation qui est en préparation. Il faudra voir ce qu’elle contient, tant en terme d’objectifs que de ressources.

Nos membres sont des professionnels des TI, qui entre autres conçoivent, déploient et gèrent des ressources informationnelles au sein des entreprises et, bien entendu, des organisations publiques et parapubliques. Le budget annonce, dans la foulée du rapport Secor-KPMG publié récemment, un contrôle plus serré de la gestion des investissements, qui touchera les ressources informationnelles. Nous verrons plus tard les paramètres qui seront fixés par le Conseil du Trésor à cet effet et quel impact cela pourra avoir sur les projets en cours ou à venir. En parallèle, il faut considérer qu’un tel contrôle plus serré des investissements pourrait créer des opportunités stratégiques en matière de ressources informationnelles au sein du gouvernement.

Je me réjouis de voir que le Projet Resto, développé par Revenu Québec et qui a remporté l’OCTAS de l’Excellence et l’OCTAS de l’innovation – grande organisation au concours des OCTAS 2012 du Réseau ACTION TI, pourrait s’étendre à d’autres secteurs que le milieu de la restauration. Ce projet vise l’implantation de modules d’enregistrement des ventes dans une perspective de lutte contre l’évasion fiscale.

 

Impact du rapport du vérificateur général

Entre le budget et les crédits, il y a eu la publication du rapport du vérificateur général qui s’est penché, notamment, sur divers grands projets informatiques. Ses conclusions sont sévères (je profiterai d’un autre billet, plus tard, pour discuter de ce sujet). Et d’ailleurs, dans son message d’introduction à la présentation des crédits, le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, revient sur ce sujet.

« Les ressources informationnelles doivent constituer un levier privilégié pour accroître la performance de l’administration publique. Des montants importants sont ainsi consentis aux ressources informationnelles dans les ministères et organismes ainsi que dans les réseaux. Ces montants sont de l’ordre de 2,5 milliards de dollars annuellement.

Au cours des dernières années, le vérificateur général a mis en lumière des lacunes importantes principalement quant à l’évaluation des besoins et des coûts des projets, à la gouvernance exercée par les organismes centraux, à leur capacité d’analyse et de traitement de l’information, ainsi qu’à la stratégie à l’égard de la main-d’œuvre dans ce domaine. À l’heure actuelle, 11 projets totalisant des investissements à terme de 701 millions de dollars sont d’ailleurs identifiés comme nécessitant un suivi serré par le Secrétariat du Conseil du trésor. Dans ce contexte, le gouvernement a demandé un portrait complet de la situation. Il entend ensuite apporter les correctifs appropriés pour régulariser la situation. »

On n’apprendra pas grand-chose de plus sur les intentions du gouvernement en matière d’investissements en TI en étudiant les crédits.

 

Politique du numérique

Les personnes les plus déçues seront celles qui s’attendaient à une politique ou à un plan numérique pour le Québec. Il n’y a aucun signe d’une politique à venir à cet égard dont on pourrait détecter les traces dans le budget ou les crédits. Essentiellement, le gouvernement se concentre sur ses missions premières de santé et d’éducation. On lui en voudrait certainement d’en faire autrement.

Cependant, il faut garder en tête que le gouvernement du Québec a nommé un nouveau dirigeant principal de l’information (ou DPI), en la personne de M. Jean-Marie Lévesque, une fonction qui était assumée auparavant par le secrétaire du Conseil du Trésor. M. Lévesque, informaticien de carrière et gestionnaire des TI d’expérience, se consacrera à cette tâche tout en assumant la direction du Centre des services partagés, une entité qui gère notamment les ressources informationnelles pour les ministères et organismes.

Le rôle du DPI étant de « conseiller le Conseil du trésor en matière de ressources informationnelles (RI) principalement à l’égard de stratégies, de politiques, de budgets, de cadres de gestion, de standards, de systèmes ainsi que d’acquisition », ce rôle est clé et stratégique en matière de transformation par les TI au sein du gouvernement. En d’autres termes, c’est sa responsabilité de faire du gouvernement un utilisateur exemplaire de TI, ce qui est déjà un jalon important. En prêchant par l’exemple, je crois et j’espère que le gouvernement peut inciter les autres organisations, autant privées que publiques, à en faire autant.

Il faudra sans doute attendre les prochains mois, voire un prochain budget, pour constater si ce gouvernement a l’intention d’élaborer des politiques économiques qui toucheraient le développement de l’industrie des TI.

 


Des transformations qui s’appuient sur vous

9 novembre 2012

Les organisations changent et se transforment. Mais les grands virages qui changent tout et réinventent complètement les organisations sont plus rares. Une approche graduelle, continuelle et évolutive est sans doute plus appropriée, et moins risquée, dans de nombreuses circonstances.

C’est ce genre d’approche que le Réseau a adopté depuis quelques années. Après avoir fait un virage plutôt radical en 2008, nous préférons un cycle de transformation en continu.

Dans mon bilan de la dernière année que j’ai dressé à l’occasion de l’assemblée générale des membres du Réseau, j’ai mis en relief certaines des transformations que nous effectuons à différents niveaux et à différentes échelles au sein du Réseau. Petites et moyennes transformations, que nous voulons graduelles et itératives.

Le Réseau ACTION TI est une association, une communauté, un regroupement de spécialistes, de gestionnaires et de gens de TI dont le but est essentiellement d’offrir des services qui répondent aux besoins de ses membres.

Comme mission de base, voici un énoncé relativement simple. Il décrit assez bien notre part de l’équation. Mais votre part est essentielle. Il nous faut bien connaître vos besoins et que vous nous laissiez savoir ce qui vous plaît. C’est pour cette raison que nous vous avons demandé de répondre à un court sondage récemment sur l’offre de service du Réseau.

Ce sondage a connu un bon taux de réponse et quelques grandes tendances se dégagent de vos réponses.

Par exemple, vous vous attendez à ce que votre Réseau vous propose du contenu pertinent et exclusif, du contenu qui vous assiste dans votre vie professionnelle, qui vous permet de suivre les tendances, de comprendre les choix que vous devez faire et vous aider à faire les bons (j’interprète un peu, ici, mais je lis entre vos lignes…).

Évidemment, une des raisons principales de votre adhésion au Réseau est bien entendu de vous constituer un réseau de contacts dans votre milieu. C’est effectivement le cas.

Mais considérant l’importance que vous accordez à cet élément, je vais m’assurer que dans nos réflexions et dans les projets que nous mettons de l’avant la notion de réseau accessible pour nos membres soit considérée, et ce, sous plusieurs angles.

Une des activités principales du Réseau dans son ensemble, par le biais des sections régionales, est l’organisation de conférences, séminaires et rencontres qui permettent de partager la connaissance et d’échanger sur des sujets qui vous préoccupent. Ces événements sont populaires, certains atteignent des records de participation année après année. Vous nous avez toutefois indiqué que votre emploi du temps ne vous permet pas toujours d’assister à ces événements, ce qui limite votre participation aux activités du Réseau.

Il est clair que l’augmentation de l’accessibilité aux conférences est un défi que nous voulons relever et nous étudions différentes possibilités pour y arriver. Déjà, en tant que membre du Réseau, nous vous permettons l’accès à la version vidéo de certaines conférences. Par exemple, la conférence de Mme Lucie Grenier, du Groupe St-Hubert, dans le cadre de la Tribune des CIO tenue en juillet dernier, est disponible sur le site Web du Réseau (pour y accéder vous devrez ouvrir une session comme membre du Réseau et vous serez dirigés directement sur la page du clip vidéo de la conférence). D’autres conférences s’ajouteront régulièrement.

Le conseil d’administration du Réseau (que nous appelons Conseil général, dans notre vocabulaire) s’est évidemment penché sur les résultats de ce sondage lors d’une session de planification qui a eu lieu à la fin septembre. Il est clair que vos réponses et vos suggestions seront au cœur des discussions que nous aurons au cours de la prochaine année et je me ferai un devoir de remettre en perspective les résultats de ce sondage lorsque nous choisirons des projets ou des initiatives à supporter.

Faire un sondage, périodique, sur vos besoins et sur la manière que nous pouvons y répondre est une bonne chose et nous permet de prendre le pouls de vos besoins, de vous écouter. Cependant, à mon sens, ce n’est pas suffisant. Je vous invite bien entendu à m’écrire à pgmartin@actionti.com, en tout temps, pour me faire part de vos suggestions.

Mais plus encore, nous avons mis en place un simple forum en utilisant le service UserVoice pour vous permettre de formuler vos idées ou d’aller voter sur des idées suggérées par vos collègues. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à analyser les différentes suggestions que vous nous avez faites dans le cadre du sondage pour les regrouper. Ces suggestions seront inscrites sur ce forum et vous pourrez aller les commenter, en ajouter et voter pour celles que vous préférez. Je vous invite à vous y rendre, chaque fois que vous avez une idée ou une suggestion.

Le Réseau ACTION TI vous appartient. Je vous invite à en faire le Réseau qui répond le plus à ce que vous recherchez. J’attends vos suggestions!


Un travail de transformation

12 septembre 2012

Les technologies de l’information ont depuis longtemps dépassé le stade de l’automatisation des processus. Le mandat qui leur est confié en est un de transformation.

Au moment d’écrire ces lignes, une campagne électorale vient de se terminer, une campagne au cours de laquelle il fut très peu question de technologies de l’information (on pourrait épiloguer longtemps sur les sujets de fond dont il a été question pendant cette campagne… mais ce n’est pas notre propos…). Pourtant, à mon avis, les TI et le numérique, sous tous leurs angles, font partie des défis que notre société doit affronter.

Parce que les TI et le numérique transforment notre société et notre économie, notre culture et notre éducation, nos divertissements et notre rapport à l’environnement. Au sein de nos organisations, un projet de TI d’une envergure moyenne réinvente complètement nos façons de faire.

Cette transformation des organisations par l’utilisation des TI est le résultat d’une collaboration étroite entre les spécialistes de la mission de l’organisation et des processus d’affaires avec les spécialistes des TI, les informaticiens. Ce qui oblige les uns à mieux comprendre les autres, du point de vue des enjeux, du potentiel, des limites et des cadres de référence. On parle ici de synergie.

Pour ce que cette synergie s’accomplisse, le travail est souvent colossal et les défis sont grands. D’ailleurs, sur des grands projets, un blogueur de chez Gartner, comparaît récemment l’intensité et le cycle d’un tel projet aux Jeux olympiques.

Ces projets de transformation touchent des pans complets de l’organisation et c’est ce qui les rend encore plus complexes. C’est aussi un de leurs plus grands défis : quand on veut transformer une organisation, il est clair que respecter les échéances, les budgets et les caractéristiques d’affaires présente un niveau de difficulté supérieur. Ce qui donne souvent mauvaise presse aux grands projets parce qu’il est difficile, de l’extérieur, de mesurer le degré de complexité d’un projet. Les jugements portés le sont donc souvent sans connaître tous les tenants et les aboutissants de ces projets.

J’utilise régulièrement, en guise de comparaison, des exemples de construction d’un grand échangeur routier ou d’un centre hospitalier universitaire, entre autres parce que de tels projets sont couramment discutés dans l’actualité. Le coût et la complexité de tels projets sont énormes. Des milliards de dollars, des milliers de personnes impliquées, des échéanciers sur 4, 5 voire 10 ans. Et nous sourcillons à peine devant ces chiffres, tellement nous y sommes habitués. Et nous sommes pratiquement habitués de considérer plus ou moins 10% de dépassements de coûts et d’échéances.

Implanter un système de gestion centré sur le client ou mettre en place une plate-forme de travail collaboratif, concevoir un entrepôt de données et tous les modules d’exploitation de ces données, déployer une approche infonuagique privée à travers une infrastructure mondiale ou un réseau de télécommunications intégré, voilà quelques projets TI qui peuvent se comparer à de grands projets de construction en béton et en acier. À la hauteur de la taille de l’organisation, ces projets de transformation relèveront des défis plus grands que tout autre projet qu’ils auront eu à mettre en place. Plus que le lancement d’un nouveau produit ou service, plus que l’ouverture d’un nouveau point de vente ou l’expansion dans un autre pays.

Avec de tels projets, les attentes sont grandes. Souvent, c’est pratiquement l’avenir de l’organisation qui passe par ces projets. Ou à tout le moins, sa productivité, sa capacité d’innover ou sa compétitivité.

Les gens de TI portent ces défis sur leurs épaules et je crois qu’ils sont à la hauteur pour les relever. Il faut simplement y réfléchir chaque jour et chaque heure, lorsque nous travaillons sur ces projets, que nous sommes à transformer nos organisations. Et pour le mieux.

C’est aussi pourquoi j’aurais aimé qu’on en parle pendant cette campagne électorale. Sous des aspects de développement de la société québécoise et de son économie,sous l’angle de la nécessaire relève à la profession et du souci de l’éducation aux technologies et par les technologies, sous des considérations d’utilisation exemplaire au sein de nos organisations, aux fins de stimuler l’innovation et le développement, etc.

Mais en fait, bien au-delà de cette campagne, mieux vaut encore en parler plus après les élections, dans les affaires courantes et dans l’actualité moins effervescente et éphémère que tout ce qui se discute pendant une campagne électorale.

Ce qui donne aux gens de TI un mandat supplémentaire : il faut non seulement continuer de transformer par les TI, mais il faut aussi œuvrer à la transformation de l’image des TI et de leur contribution à notre société et à nos organisations. Et je compte bien y arriver avec vous.


L’intégration des technologies personnelles au sein des organisations

27 juin 2012

Êtes-vous prêt, en tant que responsable TI d’une organisation, à laisser vos employés utiliser leur propre équipement et leurs services préférés dans l’environnement informatique corporatif ?

Il y a quelques semaines, j’ai eu le privilège d’animer une table ronde sur la mobilité en entreprise à laquelle participaient plusieurs hauts dirigeants TI d’entreprises privées et d’organismes publics. L’un des sujets abordés, relié à la mobilité, était le phénomène que j’appelle «l’intégration des technologies personnelles», mieux connu sous son appellation anglaise BYOD pour Bring your own device. Un sujet qui a suscité beaucoup d’intérêt et pour lequel les organisations ont une variété de stratégies.

Ce phénomène a pris beaucoup d’ampleur ces derniers temps, suivant ni plus ni moins la courbe de l’adoption des téléphones évolués (surtout les appareils sous iOS et Androïd) et des tablettes numériques. Deux types d’appareils qui n’arrivaient pas dans les organisations par la grande porte du service informatique, mais plutôt dans les poches et les sacs des utilisateurs. D’ailleurs, dans certaines organisations j’ai vu souvent des utilisateurs avoir en poche deux appareils : le BlackBerry fournit par l’entreprise et leur iPhone personnel. Ou encore, transporter leur portable approuvé TI et leur tablette personnelle.

Selon le niveau d’étanchéité des infrastructures et des systèmes, la rigidité des politiques d’accès et, souvent, dans une proportion inverse à la taille de l’organisation, la possibilité d’intégrer les appareils personnels varie. Cette intégration est souvent limitée pour une variété de bonnes raisons, au grand dam des utilisateurs passionnés qui voudraient bien pouvoir utiliser leur dernière acquisition dans le cadre de leur travail (et je les comprends, je fais partie de cette tribu de passionnés…).

Ceci dit, devant cette tendance inéluctable, les organisations n’arrivent pas à tout contrôler et un nombre croissant d’entre elles préfèrent encadrer le phénomène, définir des politiques et des lignes directrices plutôt que de laisser l’anarchie technologique et les risques divers prendre pied dans leur environnement.

Les politiques vont de la liberté totale, mais accompagnée de responsabilité limitée (vous amenez l’appareil de votre choix, mais vous vous débrouillez seul) à une gamme limitée d’appareils recommandés avec un certain niveau de support offert par les services informatiques de l’organisation. Dans plusieurs cas, les politiques varient aussi selon le rôle de l’employé au sein de l’organisation.

Cela vaut pour les téléphones, dans certains cas pour les tablettes (d’ailleurs, ce sont souvent les membres de la haute direction, voire le PDG de l’organisation, qui demandent de pouvoir utiliser des tablettes…). Certains considèrent même de laisser le libre choix de l’ordinateur portable qui remplace d’ailleurs de plus en plus l’ordinateur de bureau.

Je crois que le choix des appareils ou l’intégration d’une variété d’appareils est la partie simple de l’équation. Là où ça se complique, c’est du côté de l’accès aux systèmes et aux données de l’organisation. Combinant appareils personnels et réseaux sans fil, certaines organisations offrent des segments de réseaux WiFi sécurisés et d’autres ouverts selon les systèmes qui doivent être accédés par les utilisateurs.

En outre, parallèlement à l’utilisation des appareils personnels, arrivent aussi les applications et les services en nuage « personnels ». Comme cette petite application géniale qui coordonne tous vos projets et vos tâches tout en se synchronisant entre votre tablette et votre téléphone en utilisant Dropbox ou iCloud. Et qui expose, en quelque sorte, des données d’entreprise à des environnements dont vous ne contrôlez pas la qualité.

La responsabilité des gens de TI comprend certainement d’assurer la protection des informations appartenant à l’entreprise dont la sécurité pourrait être compromise en raison d’une robustesse et d’une protection inadéquates des services utilisés. Si on peut contrôler les accès à ses réseaux avec ou sans fils, il en est autrement des services en ligne. Oui, on peut sans doute bloquer certains de ces services, mais il faut être conscients que les utilisateurs trouveront des moyens de partager l’information avec eux-mêmes ou avec d’autres, si cela peut leur rendre la vie plus facile. Mal pris, ils s’enverront des fichiers par courriel à leur adresse personnelle, accessible sur leur iPad pour consulter les fichiers en itinérance. Vaut mieux, ici aussi, encadrer que de laisser les risques se multiplier.

Les politiques et les lignes directrices, les stratégies de sécurité pour les réseaux peuvent faire une partie du travail, mais il faut aussi rendre conscients les utilisateurs des risques pour l’organisation que peuvent présenter les habitudes de travail. Au-delà de l’intégration des technologies personnelles, il y a la compréhension des enjeux de la protection de l’information. C’est sans doute là, le plus grand défi que présente ce phénomène.

Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à commenter ci-dessous!


Une diversité de compétences

8 mai 2012

Maîtriser les TI, c’est un art, mais la recherche de l’excellence demande une connaissance des domaines d’affaires et des compétences de plus en plus variées

Au moment d’écrire ces lignes, nous venons de dévoiler les finalistes du concours des OCTAS 2012. Plus d’une soixantaine de projets ont été sélectionnés et ils nous démontrent une très grande variété de processus d’affaires et de missions d’entreprises et d’organisations qui sont soutenus par les TIC.

Ce qui m’a frappé à la lecture des descriptions des projets retenus, c’est la diversité de la nature de ces projets. Ils touchent des éléments transactionnels, de formation, d’aide à la décision, de diffusion d’information, de travail collaboratif, de contrôle et de gestion, de culture, etc. Ils permettent à des organisations gouvernementales, des commerçants, des institutions financières, des médias, des OSBL, des manufacturiers, des institutions d’enseignement, des fournisseurs de produits et de services en TI, des chercheurs et des artistes de mieux faire leur travail, d’exercer leur art ou de remplir leur mandat.

Pour que ces projets soient un succès et qu’ils puissent prétendre à l’excellence en TI, il faut que les gens qui exercent leur métier en TI soient au sommet de leur expertise, en possession de leurs moyens et qu’ils mettent à profit une expertise technique de haut calibre. Mais on s’en doute, l’expertise technique n’est qu’une partie de la recette du succès. Il faut une diversité de compétences hors TI pour s’assurer que les projets TI soient une réussite.

Recruter pour des TI actuelles

Dans un récent commentaire, un analyste de Gartner s’inquiète du fait que les entreprises qui recrutent des gens en TI se limitent aux compétences techniques en TI, ce qui lui fait affirmer que les organisations engagent des gens en se basant sur une vision périmée des TI (voir ici : IT job postings ask for the wrong thing). Selon un échantillonnage effectué dans les principaux marchés de l’emploi par la firme d’analyse et de conseils stratégiques en TI, plus de 95 % des offres d’emplois en TI requièrent les plus récentes compétences techniques, mais ces offres ne comprennent que très peu de références aux compétences non techniques qui seront ou sont déjà requises en TI.

« Plutôt que de chercher des influenceurs, des collaborateurs, des intermédiaires, des intégrateurs, des experts de la persuasion, des innovateurs ou des trouveurs de solutions, les organisations continuent de chercher des drones spécialistes du technique* », affirme dans son commentaire Mike Rollings, vice-président à la recherche chez Gartner.

Ceci reflète, selon l’analyste, une approche au sein de l’organisation qui ne mise pas autant sur l’humain, que sur le technique, et comme le soulignent certains articles qu’il cite dans son billet, laisse croire que l’organisation ne favorise pas nécessairement la construction d’un environnement de travail où il fait bon travailler, mais un environnement où il faut produire.

S’il s’avère que tel est le cas, je peux facilement m’imaginer que la fidélité à l’organisation sera moindre et que le taux de roulement du personnel sera plus élevé.

Je crois qu’il faut mettre ceci en parallèle avec le fait que le marché de l’emploi en TI fait face à un déséquilibre entre l’offre et la demande dans un nombre croissant de sous-secteurs, un déséquilibre qui est directement proportionnel à la rareté de ressources. Il ne semble pas y avoir de remède à ce déséquilibre à court terme et les organisations devront rivaliser d’ingéniosité pour tirer leur épingle du jeu. Je pense que le fait d’offrir un environnement de travail qui parle de relever des défis et de solutionner des problématiques d’affaires en équipe multidisciplinaire, en mettant à profit les plus récentes technologies de l’information, fait partie de la solution. Ceci permettra aux organisations d’offrir des conditions attrayantes aux ressources actuelles et recherchées.

Les TI sont beaucoup plus qu’une affaire de technique réservé aux geeks, mais s’intègrent aux stratégies d’affaires en utilisant des techniques qui leur sont propres. C’est pour cela que les organisations ne doivent pas isoler les compétences d’affaires et relationnelles des compétences techniques. C’est aussi un message pour les gens des métiers en TI: il faut aussi comprendre les besoins d’affaires des organisations et développer ses compétences relationnelles et de gestion. Comme le souligne avec ironie Mike Rollings dans un billet de blogue, les entreprises devraient moins se préoccuper de demander les mots de passe des profils de médias sociaux des futurs employés et plus se concentrer sur les compétences sociales de ceux-ci…

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que votre organisation vous offre tous les défis qui stimulent votre travail dans le cadre de ses projets TI ? N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ci-dessous.


* traduction libre de : « Instead of seeking influencers, collaborators, brokers, integrators, persuaders, innovators and problem solvers, organizations continue to seek out technical drones. »


Budget provincial 2012: des nouvelles mesures limitées pour l’industrie des TIC

21 mars 2012

Avec un budget limité et visant l’équilibre budgétaire, les nouvelles mesures touchant de façon spécifique les technologies sont peu nombreuses, au-delà du budget d’opération des ministères et organismes du gouvernement dont une part significative va pour les investissements en ressources informationnelles.

Deux mesures concernent une meilleure utilisation des TIC au sein des organisations, soit les programmes ESSOR 2.0 et PME 2.0,qui sont destinés à accompagner les PME manufacturières, dans le secteur de la mode notamment, dans l’intégration des technologies de l’information. Nous apprécions cette affirmation que les TIC constituent un moteur de productivité, de compétitivité et de croissance des entreprises et en particulier que nos PME manufacturières québécoises doivent accélérer le virage numérique.

Ceci dit, ces mesures sont limitées, étant dotées d’une enveloppe d’argent neuf de 6 millions de dollars sur 3 ans (le programme ESSOR 2.0 disposait déjà d’un budget de 6 millions sur 3 ans) pour le programme PME 2.0, qui se veut une expérience pilote. Nous espérons que ce projet pilote sera concluant et que le prochain budget en témoignera en y accordant des crédits supplémentaires.

Une mesure intéressante est sans doute l’engagement de 20 millions de dollars sur cinq ans pour la mise en œuvre de la stratégie numérique pour le secteur culturel, qui vient s’ajouter à une enveloppe de 9M$ accordée l’an dernier pour soutenir les défis des entreprises culturelles face au numérique.

Du coté des capitaux disponibles, notamment du capital de risque, nous notons la transformation de la Société Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches en société de capital mixte public-privé par l’entremise de Desjardins-Innovatech. Les documents budgétaires parlent de quelques 180M$ mis à la disponibilité des entreprises technologiques québécoises, ce qui est non-négligeable.

Certaines autres mesures pourront également avoir un impact sur la formation et l’intégration des immigrants, ce qui, encore une fois, sans être ciblé sur l’industrie des TIC,  pourra également avoir un effet sur cette industrie.

Ainsi, pour le Réseau Action TI, cela souligne encore plus l’importance de mettre en valeur la contribution stratégique des TIC  à la croissance et à la productivité des organisations en jouant notre rôle de forum d’échange sur les bonnes pratiques en matière d’intégration des TIC. Le message que le développement de l’économie et de la société québécoise passe par le numérique doit être entendu.

(Pour tous les détails sur le Budget 2012 du gouvernement du Québec, on peut consulter cette page du le site Web du ministère des Finances.)

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ci-dessous.


Si la tendance technologique se maintient…

17 février 2012

En début d’année, il est de mise de faire des prévisions sur les grandes tendances qu’il faudra suivre dans les 12 prochains mois, les marchés qui risquent de se développer, les nouveautés qui devraient nous arriver.

Peu importe où l’on regarde, peu importe le média qu’on lit, il se trouve toujours des articles et des billets qui font le tour de ce qui s’en vient l’an prochain. J’en ai choisi 13 parmi tout ce que j’ai vu passer, 8 en anglais et 5 en français, provenant de publications aussi diverses que McKinsey Quarterly, Slate.fr, Direction informatique, GigaOm, PCWorld, le blogue de Fred Cavazza, etc. (Vous trouverez la liste complète de toutes les sources à la fin de ce billet.)

Les nuages de mots

Pour faire une première analyse, et voir ce qui en ressortait le plus, j’ai fait une petite expérience pas scientifique, mais intéressante: j’ai fait un fichier avec le texte de tous les articles rédigés en anglais et un autre avec tous les articles en français. Et j’ai passé les deux fichiers résultants dans un outil qui s’appelle Wordle qui permet de créer des nuages de mots en éliminant les mots les plus communs d’une langue (les articles, les prépositions, etc.). La taille des mots dans le nuage est proportionnelle à leur fréquence si bien que le résultat présente une illustration des mots les plus utilisés dans un texte et par extension, pourrait-on supposer, des idées exprimées les plus populaires.

Ce n’est pas la première fois que je fais ce genre d’exercice, mais c’est certainement la moins scientifique de toutes! En effet, mon échantillon d’articles utilisés est totalement arbitraire et sans doute biaisé par mes propres intérêts de lecture. Mais, le résultat est tout de même intéressant.

Dans la version française, le mot qui est le plus fréquent est données suivi de près par services et marché. Le mot cloud y est clairement visible tout comme mobiles, téléphone, contenus ou sociaux. Du côté des marques, c’est IBM qui se distingue le plus, avec ensuite Apple, Google et Facebook. (Dans mon fichier français, j’avais enlevé le mot « va » ainsi que le mot « comme » qui étaient les deux mots les plus fréquents et peu significatifs à mon sens…)

Wordle: Tendances 2012

Le nuage de mots anglais est un peu différent: c’est la marque Twitter qui ressort le plus, suivie de Apple, Facebook et Google. Mais ici aussi, les mots data et mobile sont très présents tout comme business, companies ainsi qu’Internet. Le mot cloud est assez visible même s’il se perd un peu dans le nuage de mots…! (Dans mon fichier anglais, j’ai enlevé le mot year qui était beaucoup trop fréquent.)

Wordle: Trends 2012

Est-ce qu’on peut se fier à cette analyse de la fréquence des mots, fort amusante au demeurant? Je ne crois pas qu’on se trompe beaucoup en affirmant que tout ce qui est mobile et tout ce qui est nuage attireront l’attention au cours de 2012. Et les deux phénomènes, dans une certaine mesure, sont reliés: les applications mobiles misent beaucoup sur le nuage pour faciliter la fluidité des données.

Le nuage complexe

Évidemment, on assistera à une certaine évolution de la chose: le nuage deviendra plus complexe. Les grands joueurs déploieront leur offre, les plus petits devront innover pour se distinguer et survivre, ce qui les rendra encore plus attrayants pour un acquéreur éventuel qui voudra s’approprier l’innovation des jeunes pousses. La tarification des services (de nuage) deviendra plus sophistiquée prédisent certains (chez Gartner, pour ne pas les nommer) alors que des fournisseurs distingueront les frais reliés à la consommation d’énergie dans leurs tarifs. Et les clients mandateront des spécialistes pour effectuer des tests d’intrusion sur les nuages de leurs fournisseurs potentiels avant de retenir leurs services…

Le tout mobile

La mobilité, en fait on devrait plutôt dire les plates-formes ou solutions mobiles continueront sur leur élan. Tablettes, téléphones évolués ou ordinateur portable: de plus en plus de gens possèdent les trois et passent d’un appareil à l’autre selon le contexte ou la tâche à accomplir. Évidemment, la synchronisation entre tout cet attirail est un prérequis et fournie par le nuage. Le corollaire de cette approche est ce qu’on appelle la « consumérisation » de l’informatique: les tablettes et autres téléphones évolués entrent dans l’entreprise de plus en plus par le biais de l’employé, souvent gestionnaire de haut niveau voire PDG. On ne parle pas d’entrée en cachette, comme au bon vieux temps des premiers Mac. Non. On a même baptisé le phénomène de «BYOD» (bring your own device, en anglais, ou amenez votre propre appareil…). Tout un défi pour les organisations qui doivent développer une approche proactive face à ce phénomène, mais qui ne peuvent se permettre de fermer la porte et opposer une fin de non-recevoir.

Certains prophètes de mauvais augure prévoient que 2012 verra le premier événement majeur de pertes de données privées, associé à une approche de «BYOD». C’est à suivre.

Les données massives

Une autre grande tendance qui a retenu mon attention: les données massives (le big data). On parle ici de « données volumineuses [qui] proviennent notamment des médias sociaux, des photos et des vidéos numériques transmis en ligne, des signaux GPS des téléphones cellulaires, des relevés de transaction d’achats en ligne, des données publiques mises en ligne, etc. Le téraoctet, l’exaoctet et le pétaoctet sont les unités utilisées pour mesurer les données volumineuses », nous explique le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française.

Nous accumulons les données à un rythme accéléré et nous allons essayer d’en tirer quelque chose d’utile et productif. Et tout cela ne sera qu’amplifié par le phénomène de l’« Internet des objets » alors qu’une multitude d’appareils de toutes sortes seront connectés au grand réseau. Depuis les dispositifs personnels qui suivent votre rythme cardiaque et qui le transmettent aux services de santé par l’entremise de votre téléphone mobile aux senseurs dans les conduites d’eau municipales qui surveilleront le débit d’eau, les données que tous ces objets pourront récolter participeront à cette accumulation massive dont il faudra tirer de l’information. Beaucoup d’avenir pour ceux qui maîtrisent la science de la modélisation et du forage des données.

Et maintenant, faites vos jeux, rien ne va plus! Lesquelles de ces prévisions se réaliseront et lesquelles auront été plus des pétards mouillés? Sur quoi miserez-vous pour élaborer votre stratégie TI en 2012?

Discutez-en avec moi, ci-dessous.

Mes sources, en français:

Les 11 prédictions du Gartner pour 2012 : attention, ça décoiffe !

Les cinq innovations du futur selon IBM

TIC : ce que les Canadiens anticipent pour 2012

Quelles tendances pour 2012?

Mes 12 prédictions pour 2012

Mes sources, en anglais:

A rising role for IT: McKinsey Global Survey results

2012 Tech predictions from IDG editors around the world

12 Internet Predictions For 2012

A Year in Review: Top Ten for Government 2.0 in 2011

Tech Trends You’ll See in 2012

Five big things to watch out for in 2012

Predictions 2012: #2 – Twitter as free radical, swiss bank, arms merchant…and Google five years ago

How the « Internet of Things » Is Turning Cities Into Living Organisms