La panacée « universelle »
Il est courant en technologies de découvrir, de concevoir et de présenter la chose, le produit, le service ou la stratégie qui réglera tout les problèmes du monde, même ceux auxquels nous ne sommes pas encore confrontés. Le truc le plus génial depuis l’invention du bouton à quatre trous ou du pain tranché.
C’est le remède universel à tous les maux, la panacée.
L’engouement pour les réseaux dits sociaux nous amène très près de cette solution magique, qui règle tous les problèmes de communication, de publicité et de promotion de l’entreprise, en plus de construire une banque de clients fidèles et attentifs, qui, en outre, vous communiqueront leurs besoins, leurs désirs, leurs commentaires à partir desquels vous pourrez mieux concevoir vos produits et vos services.
Pas très loin de cette solution magique, se trouve également l’engouement récent pour les tablettes tactiles, en particulier depuis la présentation de l’iPad, cette version grand format du iPhone et de l’iPod touch qui révolutionnera complètement l’informatique portable, procurera enfin une solution à la crise des médias, réglera en un tournemain les défis du passage au numérique de l’industrie du livre et deviendra l’outil de productivité numéro un de tous les utilisateurs qui s’arracheront ces appareils qu’on n’arrivera pas à produire assez rapidement.
Dans l’autre coin de la boutique des solutions miracles se trouve l’informatique en nuage qui a remplacé l’architecture orientée services et les fournisseurs de services d’applications en terme d’approche d’informatique pour les grandes organisations mais aussi pour les plus petites qui pourront arrêter de se soucier de leur capacité de traitement et de stockage, de la maintenance de celles-ci et de l’évolution de l’ensemble, puisqu’il n’y a rien de plus facile que de stocker ses données, ses processus, ses applications, ses stratégies d’affaires en somme, dans ce merveilleux nuage informatique et de payer à l’utilisation quand ce n’est pas offert « gratuitement ».
Mettre les choses en perspective
Je suis un utilisateur convaincu des réseaux, que certains préfèrent appeler des médias, sociaux. Je suis présent sur Twitter, Facebook, LinkedIn, Brightkite et autres. J’entretiens divers blogues, qui touchent mes préoccupations reliées à mon intérêt pour cette industrie, mais aussi à des sujets de préoccupations plus personnelles. Je me sers de Flickr pour partager des photos et de YouTube pour des vidéos. J’utilise Delicious, Google Reader ou Amplify pour partager mes lectures selon les besoins et les outils disponibles.
Je serais en totale contradiction avec moi-même si j’affirmais haut et fort que les réseaux sociaux sont inutiles. Il est clair que je crois à leur contribution à la stratégie des organisations.
Mais le mot clé ici est contribution. Les réseaux sociaux font partie d’une panoplie de moyens qui servent à informer et à converser avec la clientèle, les membres d’une organisation, qu’ils soient internes ou externes. Ce n’est pas parce qu’ils existent qu’il nous faut négliger les autres moyens. Il reste encore une place à l’interaction par courriel, aux conversations téléphoniques, à la publicité traditionnelle, aux études de marché, aux outils standards que sont les groupes cibles (focus groups) et autres suivis avec la clientèle, dont ils ne remplacent pas la fonction de service à rendre.
Ces réseaux, ces modes de communications permettent de rejoindre certaines tranches de la population, certains segments de votre clientèle. Mais pas tous. Et sans doute pas la majorité de vos clients. Ils sont nécessaires, mais ils s’ajoutent aux autres vecteurs de communications utilisés, ils ne les remplacent pas entièrement.
Le continuum de l’évolution
Je suis maniaque des technos, et bien que je n’ai pas traversé la frontière aux premiers jours d’avril pour obtenir un iPad dès que disponible, vous pouvez être certain que je serai en file pour m’en procurer un dès qu’il sera disponible au Canada. J’aime l’interface tactile, je crois que le format de l’appareil vient combler un créneau qui se situe entre le téléphone dit intelligent, le portable et le lecteur de livre électronique. C’est un produit de niche, qui ne remplacera pas l’ordinateur portatif, du moins pas à courte échéance, et qui ne viendra pas résoudre tous les problèmes des industries des médias et du livre.
Mais il jouera un rôle important dans la progression de la convivialité des interfaces, et à terme, sur le continuum de l’évolution des technologies, les tablettes joueront un rôle significatif.
Même chose du côté de l’informatique en nuages. Voici une approche qui doit être considérée par les organisations et elle doit être segmentée selon ses niveaux, considérée selon les besoins et les sensibilités des entreprises relativement au contrôle, à la sécurité, etc.
Entre nous, nous pouvons nous passionner pour ces technos, mais rationnellement, lorsque vient le temps de prendre des décisions qui engagent nos organisations, il est clair que nous devons considérer les choses en perspective et ne pas laisser les dernières modes du jour influencer nos choix technologiques et stratégiques à long terme.
Parce que cela fait bien 30, 40 ou 50 ans qu’on nous promet année après année que cette nouvelle technologie, est très certainement l’aboutissement achevé de tout ce que vous avez pu espérer comme solution universelle à tous vos problèmes. N’est-ce pas?
