La génération vie privée

Débat ces jours-ci autour de la manière dont Facebook aborde la gestion de la vie privée.

On pourra lire ceci, par exemple : Facebook, MySpace Confront Privacy Loophole

Ou ceci : 60 % des membres de Facebook songent à quitter le réseau.

Ou encore ceci : Facebook accusé de divulguer la vie privée des internautes pour des dollars.

Tout cet émoi a même créé un mouvement de protestation qui vise à polariser l’action de ceux qui, en ayant ras le bol, décident de quitter et fermer leur compte Facebook le 31 mai prochain (voir ici www.quitfacebookday.com)

Plusieurs, moi y compris, considèrent que l’approche de gestion de la vie privée est pour le moins complexe. Le New York Times a schématisé les différents paramètres de gestion de la vie privée sur Facebook : 50 paramètres pouvant être ajustés, avec en tout plus de 170 options. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Aujourd’hui, dans le Washington Post, Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Facebook, a réagi à la pression par le biais d’un commentaire (« op-ed » comme on dit…) : From Facebook, answering privacy concerns with new settings, où il explique les principes qui seront mis de l’avant chez Facebook dorénavant, reconnaissant par le fait même les erreurs commises. Voici un extrait :

The biggest message we have heard recently is that people want easier control over their information. Simply put, many of you thought our controls were too complex. Our intention was to give you lots of granular controls; but that may not have been what many of you wanted. We just missed the mark.

We have heard the feedback. There needs to be a simpler way to control your information. In the coming weeks, we will add privacy controls that are much simpler to use. We will also give you an easy way to turn off all third-party services.

Ce que cet exemple démontre, c’est que les citoyens numériques (merci @mdumais de me permettre d’emprunter le titre de ton émission) sont sensibles à la gestion de leur vie privée, même si on croit que la génération qui partage tous ses états d’âme dans toutes les communautés virtuelles et sociales en ligne n’a plus aucun souci de garder une zone privée. C’est faux.

Les citoyens numériques sont disposés à partager, c’est vrai. Mais je crois personnellement qu’ils veulent pouvoir décider ce qu’ils partagent, comment ils le partagent, avec qui ils le partagent et à quel moment ils le partagent. S’ils découvrent qu’on partage de l’information les concernant à leur insu, le lien de confiance est rompu et ils le feront savoir sur toutes les tribunes : le « backlash » s’étendra comme une traînée de poudre.

Les organisations doivent être conscientes de cela et doivent intégrer la gestion de la vie privée tout en amont de leurs services. Il faut que ce soit simple et facile, par exemple avec trois cercles : privé, amis, public. (Flickr offre ce genre de paramètres et je crois bien que c’est compréhensible par tout le monde et personne ne s’en plaint.)

Je ne crois pas que les citoyens, tout enclin soient-il à partager divers pans de leur vie, soient prêts à abandonner la notion de vie privée. Croire le contraire ou s’acharner à les convaincre de le faire me semble une avenue très risquée. Plus que jamais, nous sommes une génération de citoyens conscients et sensibles face au respect de notre vie privée.

Qu’en pensez-vous?

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Une réponse à “La génération vie privée”

  1. Excellent billet qui résume bien le fond de ma pensé.

    Ce que je trouve désolant et toujours inquiétant même après le Mea Culpa de Zuckerburg, et surtout le fait qu’il a cédé à la pression des membres. Ce n’est pas un soudain changement de cap ou de philosiophie. Le geste était calculé et il a voulu pousser le bouchon pour voir jusqu’où il pourrait aller.

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