Une réflexion essentielle

Le gouvernement du Canada s’est engagé à élaborer une stratégie nationale sur l’économie numérique et il a mené une consultation à cet égard, laquelle s’est conclue le 13 juillet 2010. Nous avons décidé de participer à cette consultation en préparant un sondage auprès de notre réseau de décideurs et d’influenceurs en TI au Québec. Sur la base de ce sondage, nous avons rédigé un mémoire sur le sujet. Ci-dessous, je vous présente le résumé de notre prise de position sur le sujet. Vous pouvez également télécharger le mémoire complet, intitulé L’avenir de l’économie est numérique, en PDF en cliquant sur ce lien.

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La réflexion sur une stratégie de l’économie numérique au Canada est nécessaire à cette époque où toutes les nations cherchent à réinventer les bases de leurs structures économiques, lesquelles ont été fortement ébranlées récemment par une crise sans précédent.

Les décideurs et les influenceurs du secteur des technologies de l’information et des communications sont à même de constater ce que la révolution numérique peut engendrer comme valeur et construire les fondations d’une économie dynamique.

Ces fondations sont supportées par une approche d’innovation qui donne un rôle essentiel au contenu numérique. Ces fondations doivent s’appuyer sur le développement de compétences numériques de pointe et compter sur une infrastructure de réseau numérique abordable et de classe mondiale.

Voici, en résumé, l’avis du Réseau ACTION TI à cet égard. 

Soutenir l’innovation

Nous croyons qu’il faut soutenir les PME au niveau de l’innovation et accorder une place essentielle à cet égard aux universités et centres de recherche spécialisés qui sont déjà reconnus dans le milieu.

Il faut également favoriser la rencontre entre ces deux groupes pour assurer une pollinisation croisée, fondée sur une approche multidisciplinaire et collaborative, en les mettant en présence au sein de structures réelles ou virtuelles qui n’exacerbent pas la concurrence.

Si les lieux physiques qui mettent en présence les entrepreneurs et les chercheurs sont une possibilité, les modes virtuels et ponctuels – des événements spécialisés et des colloques ciblés, des communautés de pratique -  sont certainement à mettre à profit.

Des structures qui permettent le transfert de l’innovation entre les centres de recherche et les universités et qui visent particulièrement les PME sont à examiner. Il faut analyser les modèles qui ont fait leurs preuves et transposer les meilleures pratiques dans le secteur des TI.

Si on désire d’adresser aux PME avec des programmes de soutien à l’innovation, il faudra les simplifier pour les rendre accessibles aux PME en termes logistiques et administratifs.

Il est nécessaire de s’assurer que les programmes offerts aux entreprises sont bien arrimés et qu’ils ne présentent pas de duplication ou de contradiction. Un portail Web qui présenterait un guichet unique rassemblant les différents programmes de tous ministères et organismes, répertoriés selon les fonctions d’une organisation serait un pas dans la bonne direction.

Il faut trouver une manière simple de mesurer et de communiquer les bénéfices pour l’économie et la société des sommes investies au chapitre de l’innovation.

L’allocation de crédits pour encourager l’innovation

Nous sommes d’avis qu’il faut encourager l’innovation dans tous les secteurs de l’économie, sans se limiter à soutenir des secteurs qui sont déjà en croissance ou dans lesquels nous sommes déjà innovateurs si on désire développer de nouveaux créneaux où nous deviendrons des chefs de file et des innovateurs.

Les entreprises doivent être soutenues dans leur démarche d’intégration des technologies, par des mesures incitatives visant à favoriser la mise en place et l’utilisation des technologies.

Ces mesures incitatives peuvent prendre différentes formes, allant de la formation sur mesure à l’usage des TI à des crédits ciblés pour l’implantation de technologies spécifiques comme le paiement électronique ou les applications pour plates-formes mobiles avec l’objectif d’optimiser les processus d’affaires. Des mesures qui présentent aussi l’avantage de réduire la facture écologique en réduisant, par exemple, la consommation de papier.

Nous croyons que la mise en place d’une tarification pour le traitement des échanges papier comparativement à une gratuité pour les transactions électroniques avec les ministères et organismes aurait un impact positif sur l’adoption de ces technologies.

Miser sur le contenu numérique

Le contenu numérique permettra d’augmenter la richesse grâce à la création d’entreprises innovantes. La mise en place d’une chaîne de valeur associée au contenu numérique sera à l’origine d’un cycle d’innovations qui constituera la fondation de l’avenir de notre économie. Cette approche augmentera la compétitivité et la productivité de nos entreprises.

Le gouvernement peut utiliser les mesures suivantes dans le cadre d’une stratégie qui favorise le passage au numérique :

  • des moyens ciblés de soutien aux investissements en TIC ;
  • des programmes de formation à leur utilisation ; et
  • être un utilisateur exemplaire de l’approche numérique dans la gestion de ses actifs informationnels.

Les technologies de l’information et des communications et une approche misant sur le contenu numérique aideront nos gouvernements à favoriser la prestation électronique de services, en assurant :

  • des économies de coûts ;
  • une augmentation de l’efficacité ;
  • un rayonnement plus efficace auprès de chaque citoyen ; et
  • une simplification des relations avec l’administration publique.

Nos membres considèrent que les investissements du gouvernement fédéral dans le domaine du contenu ne sont pas suffisants. Si le gouvernement doit investir dans des secteurs particuliers pour favoriser l’adoption d’une approche fondée sur la numérisation des contenus, il devrait le faire particulièrement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ce qui comprend notamment la formation en ligne et la formation aux maîtres.

Les freins au développement du contenu numérique

Les programmes et les moyens gouvernementaux qui sont conçus pour soutenir le contenu numérique manquent de coordination. En conséquence, au lieu de favoriser le contenu numérique – ce qu’ils devraient faire – cette absence de coordination devient un frein à l’objectif même de ces programmes.

Ces mesures doivent donc être revues afin d’assurer leur coordination et être accessibles via un guichet unique Web présentant d’une manière claire les programmes qui sont offerts à travers l’ensemble des institutions fédérales, voire à tous les niveaux de gouvernement.

Nouvelles législations

Trois nouvelles législations présentées récemment touchent différentes problématiques reliées aux technologies numériques, soit les pourriels, le droit d’auteur et la protection de la vie privée. La moitié des répondants à notre sondage ne connaissent pas ces projets de loi. Nous recommandons qu’un plan de communication efficace, qui vise les clientèles spécialisées, soit mis en place pour pallier à cette lacune.

Les compétences numériques

L’éducation est la pierre angulaire du développement des sociétés occidentales et l’économie numérique ne peut en faire exception. L’innovation que l’on identifie comme un moteur du développement économique ne pourra se réaliser sans une formation adéquate, qui ne sera possible que si on insiste sur une mise à jour régulière des programmes de formation dans les institutions d’enseignement.

La mise en place d’un programme de bourses d’études en technologies numériques et d’outils qui favorisent la promotion des carrières dans le domaine du numérique font partie de nos recommandations.

Par ailleurs, si on veut favoriser le développement de compétences qui allient technologies et contenu numérique, il faut soutenir, par le biais de programmes existants ou à venir, des projets qui misent sur cette même convergence.

L’infrastructure de réseau

La baisse du coût de l’accès aux réseaux de communications est un facteur à considérer en priorité, plus que la vitesse brute, nous ont dit les participants à notre sondage, faisant ainsi écho au fait que les coûts des télécommunications sont réputés être élevés au Canada.

Il faut aussi s’assurer qu’une infrastructure de réseau à haute vitesse décente soit largement accessible au Canada, et ce, dans toutes les régions pour permettre d’avoir accès partout à la téléprésence (visioconférence, webdiffusion, etc.) ce qui peut devenir un facteur de rétention de la relève en région.

Finalement, bien que ce ne soit pas un facteur qui soit considéré dans le peloton de tête des priorités en termes d’infrastructure d’accès à large bande, l’accès à un réseau WiFi gratuit dans les villes est mentionné comme une priorité par le tiers des répondants, sans doute une conséquence de la croissance du nombre de terminaux mobiles avec antenne WiFi et de leur coût relativement bas qui crée une demande pour l’accès à un réseau sans fil, particulièrement dans les zones à population plus dense, comme les villes.

L’économie numérique

Les diverses recommandations qui sont discutées ici vont toutes dans le même sens : nous croyons fermement que l’économie canadienne a tout à gagner du dynamisme que les innovations numériques peuvent apporter à ses bases, à ses structures et à sa croissance.

En misant sur l’innovation, sur le tissu économique des PME canadiennes, sur ses institutions d’enseignement et de recherche, sur le développement des compétences des ressources humaines, sur le contenu numérique, nous nous assurerons notre avenir.

Parce que l’avenir de l’économie est numérique.

 

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