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Retour sur la JiQ 2010 : les TI au coeur de ma vie
 

Incontournable journée de rencontres, de réflexions, de nouvelles perspectives

 

            Ils ont été près 1400 personnes à se rendre au Centre des congrès de Québec, le mercredi 10 novembre 2010, pour la 32e édition de la Journée de l'informatique du Québec (JiQ). Événement incontournable dans le domaine des technologies de l'information, cette année offert sous le thème « Les TI au coeur de ma vie ». Occasion de réflexions et de rencontres autour de ces éléments essentiels au quotidien et, ainsi, dans une nouvelle culture organisationnelle, promotionnelle et entrepreneuriale. Regards sur une journée stimulante, dynamique, et, surtout, enrichissante.
 

/ par Raymond Poirier         

 

            Dès le départ, l'engagement de l'équipe organisationnelle de la JiQ était clair : « Proposer une expérience renouvelée de découvertes des meilleures pratiques en technologie, omniprésente dans toutes les sphères de notre vie sociale et professionnelle ainsi que dans nos relations avec notre clientèle », déclare le président d'honneur de l'événement, Eric Lemieux, vice-président Technologies, Assurance de Dommages au Mouvement Desjardins, dans son invitation, lancée aux entreprises, aux institutions et aux organismes de la province.
 
            Il faut dire que, depuis plus de 30 ans, les différentes éditions de la JiQ on vu défiler nombre de personnes à la fois inspirés et inspirantes. Conférenciers, panélistes, personnalités publiques, ainsi que des gens provenant de tous les secteurs d'activités liés aux technologies, ont ainsi permis à cette journée d'évoluer de belle façon et d'atteindre un haut niveau d'excellence en matière de formation. Une réputation solide, appuyée par une programmation d'intérêt, chapeautée par une quarantaine de bénévoles et l'équipe du Réseau Action TI - Québec.
 
            Parmi cette foule appréciable, la relève est présente. Une réalité que ne manque pas de souligner le président du conseil d'administration du Réseau Action TI, section de Québec, André Dion. Plusieurs partenaires ont généreusement contribué à la venue d'une centaines d'étudiants du domaine des TI dont le collège François-Xavier Garneau, le cégep Sainte-Foy, le cégep Limoilou et le centre de formation professionnelle d'Alma. « La JiQ est un événement incontournable pour tous les acteurs des TI, et, de plus, il s'agit du seul événement réunissant autant les gestionnaires et les professionnels du domaine », rappelle-t-il dans son mot d'ouverture, devant les participants et participantes. « J'ai été interpellé par les TI, souligne de son côté l'animateur de la journée, Patrick Masbourian, qu'on peut entendre sur les ondes de Radio-Canada, car, au-delà des gadgets, il y a des nouvelles idées, des nouvelles façon d'être et des nouvelles façons de penser et nous, devant la peur de la nouveauté, on a le choix soit de se défiler, soit de les apprivoiser. »
 

L'équation du succès

7h30. La JiQ 2010 s'ouvre, avec un exemple de réussite en gestion autant qu'en leadership : Daniel Gélinas, directeur général du Festival international d'été de Québec. Il prend la parole devant une foule abondante, malgré l'heure matinale. « Je tenais à être là, parce que c'est une personne qui inspire beaucoup, et, avec le succès qu'il a connu, je souhaitais voir les outils qu'il avait pris pour y arriver », note Benoit Blanchet, du Mouvement Desjardins. L'intitulé de la conférence de M. Gélinas se présente comme une formule : « Volonté de réussir + leadership inspirant + produit fort et solide = succès ».    
 
L'équation se trouvait-elle derrière autant les bilans plus qu'enviable du festival des dernières années ou celui du 400e anniversaire de la Capitale? Peut-être… Mais, autant l'équation peut sembler simple, autant le travail du gestionnaire d'événements est plus complexe qu'on pourrait l'imaginer. « Malheureusement, il y a cette idée d'ancrée que de préparer un événement, ça ne demande pas tant de gestion que ça », souligne Daniel Gélinas. Force est d'admettre que la réalité est plutôt à l'inverse. Organiser demande une vision, un esprit créatif, du leadership.
 
            Au départ, il s'agit de saisir les opportunités qui nous sont offertes, tout en sachant reconnaître la valeur de notre produit, notre événement, auprès de la clientèle. De là, le gestionnaire développe sa vision, simplement, efficacement. « Quand on est trop complexe dans notre idée, on perd notre monde », précise-t-il. Cette vision, avec rigueur budgétaire, il l'axe sur la responsabilisation et la planification. « En fait, quand la date de l'événement arrive, tout ce qui doit rester, c'est la gestion des imprévus ». À cela, on ajoute également les qualités de leader, nécessaires, du gestionnaire. Qu'entend-on par là? Selon Daniel Gélinas, un bon leader demeure au même niveau que son équipe, reste au centre de l'action, quitte, même, à aller au front, si les besoins s'en font sentir. « Lorsqu'on va au front, c'est tout le monde qui y va, et ça, ça vient renforcer le leadership », explique-t-il. Dans tout ça, le leader doit être fort, certes, mais aussi, ne pas cacher sa vulnérabilité. Et surtout? Diviser les tâches, les responsabilités. « Je ne veux jamais garder tout le fardeau de la responsabilité! Je préfère, de loin, le répartir avec mon équipe ».
 

            À ce titre, une image illustre bien la vision organisationnelle de M. Gélinas : une pyramide, divisée en une série de petits carrés, les uns sur les autres. « Tous les membres de mon équipe sont des décideurs et ce sont tous des gens qui ont des responsabilités bien définies. Ainsi, avec des responsabilités précises, d'un côté, ils ne peuvent se défiler, et, de l'autre, on peut aussi facilement féliciter, donner des tapes dans le dos, lorsque le succès est au rendez-vous ». La conclusion arrivée, dans la salle, les participants et participantes sont inspirés. « Il s'agit maintenant d'arriver à faire passer ce regard, cette passion, vers les TI », note Yannick Rousseau, du Ministère des Transports du Québec. « C'est une stratégie de gestion qui ne permet pas d'écarts, mais, ce que j'y apprécie, c'est cette dimension de partage avec les membres de son organisation : tout le monde est lancé avec le même objectif en tête », ajoute pour sa part Benoit Blanchet. « On est tous créateur de solutions », rappelle, de son côté, via Twitter, Romain Dalle de chez gp3 Groupe conseil.

 

                   Les TI, moteurs de changements

 

            8h30. Ouverture officielle. D'abord, une performance. Danse et vélo acrobatique sur la scène. Sur écran géant, une animation multimédia, synchronisée à la performance des artistes. Un objectif double à cette prestation haute en couleurs, explique le responsable du comité des Communications de l'évènement, Frédéric Martel, conseiller en architecture d'entreprise pour Revenu Québec : « D'abord, nous souhaitons montrer que l'humain est au coeur de la technologie, mais aussi, par la partie acrobatique, symboliser que chaque changement technologique amène invariablement son lot de bouleversements, et que toute réussite de projets en TI se mesure par la capacité des acteurs à conserver un état d'équilibre dans une succession de déséquilibres ».
 
            Puis, le président de la JiQ 2010 prend la parole. Les TI au coeur de notre vie? Oui. Plus que oui. « Les technologies évoluent et changent la manière d'interagir entre clients et entreprises, gouvernements et citoyens », déclare-t-il d'emblée. Aujourd'hui, elles font figure d'incontournables. Et demain, encore plus peut-être. En cinq ans, la manière de faire les choses a été bouleversée par l'émergence des réseaux sociaux. Exemple? La campagne électorale américaine de 2008, ayant menée à l'élection de Barack Obama. Pour lui, indéniablement, les TI font et feront office d'outils de transformation, autant pour l'entreprise que dans l'interaction ou encore le tissu social.
 

            D'ailleurs, en entrevue au quotidien Le Soleil, M. Lemieux a pu développer ce regard sur les nouvelles technologies. « Aujourd'hui, les gens achètent des voyages par Internet. Ils envoient leur rapport d'impôt au gouvernement par le même moyen, sans compter les transactions quotidiennes dans les institutions financières. Je crois que d'ici 10 ans, l'exercice de la démocratie prendra une nouvelle tournure », fait-il valoir au journaliste Yves Therrien. En fait, les réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook sont peut-être les « assemblées de cuisine » d'aujourd'hui, propose-t-il. Reste que cette transformation viendra progressivement, selon le vice-président Technologies, Assurance de Dommages au Mouvement Desjardins : « Pour l'instant, toute la population n'est pas prête à faire le saut, mais ça ne prendra pas des années avant de se réaliser. Par contre, l'exercice de la démocratie devra être plus qu'un simple sondage en ligne. Les natifs des nouvelles technologies exigeront l'interactivité avec la preuve que leur voix "électronique" compte vraiment dans le processus. Ce sera un retour à la proximité dans un cadre moderne à cause des technologies. Dans les coopératives, ce sera une façon pour les membres de se réapproprier l'institution. »

 

                   Regards sur la génération C

 

            9h00. « Les réseaux sociaux sont un moyen d'entrer en contact avec le réel. Sur le web, les communautés sont, en fait, un mélange entre réel et virtuel, à l'intérieur de réseaux locaux. C'est là le pouvoir organisationnel du web, et, de plus en plus, le citoyen exigera d'être un facteur d'influence à travers ces réseaux », note Jean-François Rougès, consultant et animateur pour le Groupe Forest. Lui et Martin Forest, président du groupe, portent un regard critique et analytique sur la question des TI dans une conférence interactive intitulée « Technocognition et technosociété : nouvelles frontières technologiques ».
 
Au menu? Plusieurs constats. Face aux relations entre citoyens, citoyennes et nouvelles technologies. Et face à la génération C. Appropriation des marques. Rejet de la hiérarchie statutaire pour une hiérarchie liée à l'utilité pour la communauté. Recherche de l'épanouissement personnel plutôt que le succès professionnel. « On passe du workaholic au lifeholic, où s'épanouir devient plus important que la logique de faire carrière. On passe de la voie royale aux chemins de traverse, à des lieux de passage privilégiés », observe M. Forest.
 
Pourtant, les préjugés demeurent tenaces envers cette jeunesse. Des préjugés toujours bien présents, a-t-on pu voir dans un sondage effectué auprès de l'audience du Centre des congrès. Des préjugés que Martin Forest et son équipe se sont empressés d'abattre : ainsi, pour la Génération C, c'est l'épanouissement individuel qui importe, ils seront respectueux de qui leur sera utile et, enfin, ils seront engagés, mais face à un projet plutôt qu'à une entreprise. Des constats qui, d'ailleurs, on fortement intéressés les participants et participantes. « Ils sont fidèles à des choses qui les intéressent, on ne suit plus aveuglément les autres, on réfléchit, on cherche une collaboration », renchérit Fadila Chorik, du Groupe CMI. « Je suis heureux de voir la manière dont on a déboulonnés ces mythes, parce que je crois c'est une mentalité qui est bien présente dans notre société », remarque Mathieu Charest-Durand, étudiant au Cégep François-Xavier Garneau. « En fait, ces constats posent un défi intéressant, montrent qu'il y a d'autres façons de faire et qu'il faut s'ajuster. Le regard qu'on pose sur les jeunes amène une autre perspective dans le défi des générations », ajoute Odile Béland du Ministère des Transports du Québec.
 
            Par ailleurs, ce même engagement peut être recherché auprès de la clientèle d'une organisation, changeant ainsi les rapports entre eux deux. En exemple, Martin Forest a choisi de citer ZAP Québec, un projet visant à développer un réseau Internet sans-fil à travers Québec et Lévis et cela, à partir d'une démarche amenant la population à cibler les besoins. « Avec cette approche, explique Isabelle Lopez, consultante pour MA14, on a pu savoir où est-ce qu'il y avait une demande, et prouver aux partenaires que cette demande existait bel et bien. Par la suite, en faisant appel aux usagers, on pouvait facilement savoir s'il y avait problème dans un des sites. Avec cette stratégie, on laisse entendre que c'est pour et par les citoyens et, de cette manière, plutôt que d'être simplement une entreprise, ZAP devient le porte-parole d'un mouvement ».
 

            Jean-François Rougès résume ainsi l'esprit des observations présentées : « On passe d'une société de l'information à une société de la relation ». Avec les risques autant que les possibilités inhérentes à cette réalité. En guise de conclusion? M. Forest offre cette citation, tiré du répertoire de Jacques Brel : « Face à l'inconnu, il y a ceux qui ferment les yeux et qui se terrent, et il y a ceux qui, courageusement, choisissent d'aller voir ». « Après avoir entendu cette conférence, je me suis dit que j'était bien content de voir qu'on est proactif, qu'on attends ce qui s'en vient », note Yannick Lalonde, étudiant au cégep Sainte-Foy. « Ce qu'on se dit présentement? Ce ne sont pas juste les technologies qui ont changées, c'est notre façon d'être », lance Yannick Rousseau, du Ministère des Transports du Québec. « On passe a une société des relations », souligne, via Twitter, Christian Boulet, dans #JiQ. « Nécessairement, les technologies changent le monde et, dans la salle, il y avait 1400 personnes qui, j'en suis sûr, ne les perçoivent déjà plus de la même façon », fait valoir, pour sa part, André Pezzarelli d'Avaya.

 

                   Comment intégrer les TI?

 

            10h45. La foule se sépare. Des presque 1400 dans la grande salle, on passe à une série de petits groupes. Quatre, en fait, selon le nombre d'ateliers qui viennent de démarrer. Ou cinq, si l'on considère cette partie qui choisie de profiter du moment pour réseauter, rencontrer, et poursuivre la discussion autour de ce qui a été amené, entendu, lors des conférences du matin. Au-delà de ces conversations, privées, on se concentre sur les quatre ateliers...
 
            D'abord, un regard sur le logiciel libre et son impact dans le choix organisationnel, conférence de Denis Archambault, chef du Service de l'infrastructure et du réseau à la Direction des technologies de l'information au Ministère de la Sécurité publique. Sa conférence : un exemple pratique. Dans « Faire le choix du logiciel libre » il expliquait pourquoi sa direction avait fait, justement, ce choix, dans le cadre du développement d'un outil de localisation géographique pour intervenants en mesures d'urgence. Ce choix est fait en fonction des coûts d'acquisition de license et de récurrence, des coûts de distribution minimaux, de l'infrastructure technologique jugée légère et de la possibilité d'obtenir rapidement des résultats concrets.
 
            « Le fait que ça peut miniser les coûts autant pour le développement que pour la récurrence fait du libre une solution très intéressante », remarque Julie Perreault, de Services Québec. « C'était quand même extraordinaire, dans un contexte gouvernemental, le travail qui a été effectué : réussir à changer les choses, à changer son produit, avec le logiciel libre. Il y a de quoi s'inspirer », note une participante de l'Industrielle Alliance.
 
            Les perspectives face au libre n'étaient pas limitées à cette seule conférence. Rida Benjelloun, président et chef de la direction chez DocuLibre, détaillait cet univers et les approches de développement à préconiser dans l'intégration du libre en entreprise. L'intitulé de sa présentation? « Le monde intérieur des logiciels libres : Cas de l'Apache Software Foundation ». « Lorsqu'un projet OpenSource est développé, on ne sait pas quand le projet doit se terminer, il n'y a pas de date de fin », remarque M. Benjelloun.
 
            Toutefois, avant de faire le « choix du libre », quelques critères à évaluer, selon lui : est-ce que la communauté autour du programme choisi est toujours active, vivante ; Est-ce que le logiciel est développé par une seule entreprise ou un groupe restreint d'individu ; Ou enfin, est-ce que notre entreprise a suffisamment de moyens pour intégrer correctement cette solution. « Oui, le logiciel libre est gratuit, mais il y a tout de même des coûts reliés à son implantation. C'est sûr qu'on va faire des économies, mais, justement, on ne peut pas parler de gratuité, on parle d'économies », fait valoir le conférencier. « Face à cette présentation, j'ai été content de voir qu'au Québec on a des leader et des développeurs en ce domaine. En même temps, je me dit que oui, il ne faut pas faire obstacle au logiciel libre, mais il ne faut pas non plus l'intégrer à tout prix : comme dans toutes choses, il y a du bon et du mauvais », évalue Hedi Kaffel, du Centre de recherche industrielle du Québec.
           
 
             Outre le libre, le web en général, se développe également à vitesse grand V. La question ? Comment l'intégrer, comment l'utiliser. « Dans cet atelier, il y a plusieurs informations intéressantes qui ont été mise de l'avant, qui permettent de réaliser qu'on est aussi bien d'être là, sinon, ils vont parler, mais sans toi », remarque Benoit Blanchet, du Mouvement Desjardins.
 
            Il parle ici de la conférence « Le web social, c'est pas obligé d'être compliqué ! », menée par le cofondateur de Praized Media, Sébastien Provencher. Celui-ci, au fil des 45 minutes, a tenté de démystifier cet univers : « Il faut comprendre son écosystème, savoir ce qui se passe dans le web autour de notre écosystème, savoir qui parle de notre champ d'expertise et, surtout, savoir intervenir. Joindre les médias sociaux, ce n'est pas que de la publicité, c'est un engagement à long terme. Vous venez de vous donner une nouvelle porte, très positive, mais qui demande des ressources », précise-t-il. Un constat qui résonne auprès des participants : « Il ne faut pas juste être présent, offrir des services aux clients, il faut faire beaucoup plus », estime Marc Quintin, du Centre national de recherche du Canada. « En fait, continue le conférencier, sur le web, oui, il peut y avoir un ancrage publicitaire dans les médias sociaux, mais ça ne doit pas être la base de la stratégie, on doit répondre aux messages comme on répond au téléphone, on ne doit pas y vendre sa salade, on y redonne à sa communauté. Il faut miser sur l'authenticité et la transparence, ce doit être les humains derrière la grande marque ». « Avant de se lancer, il faut voir comment les différents outils peuvent être utiles à l'intérieur même d'une entreprise. Il y a une différence entre Twitter, Facebook ou les fils RSS », observe Gilles Déry, du Mouvement Desjardins.
 
            Mais, dans ce contexte, les nouveaux médias peuvent aussi représenter des opportunités marketing d'intérêt. Il s'agit simplement de penser hors des sentiers battus, d'expérimenter avec un nouveau type de campagne publicitaire, peut-être en intégrant les SMS et la téléphonie cellulaire, comme l'a proposé Mathieu Villeneuve, associé et directeur du développement des affaires chez Piranha Agence tactique dans sa conférence « Le marketing mobile ». « Actuellement, les campagnes SMS sont laissées de côté parce que la tendance est aux applications, pourtant, il y a des choses incroyable qu'on peut faire avec cette approche. Contrairement aux applications, tous les gens qui ont un cellulaire peuvent être rejoint via SMS, des campagnes qui ont un taux de lecture au-delà des 90% et, s'ils présentent une offre significative, on peut avoir un taux de retour de 5% à 15% », lance-t-il. Exemple ? La Ville de Québec, qui a choisi d'intégrer les messages textes dans ses opérations déneigement. Ou des campagnes aux États-Unis, où une hausse des taux d'inscription de l'ordre de 325% a été observée, comparativement aux campagnes d'inscription web.
 

            Constat? Il ne faut pas manquer le bateau. Les nouveaux médias et des approches comme celle proposée par Mathieu Villeneuve doivent être intégrés. « Il ne faut pas attendre que le marché soit mûr. Il faut se lancer. Il faut cibler nos objectifs en fonction du profil de notre clientèle, il ne faut pas juste être présent sur le web, il faut cibler », retient Émile Bouchard, du Mouvement Desjardins. « C'est clair, c'est un modèle à découvrir et, si on n'embarque pas, on risque de passer à côté du train », note Louise Pitre, de Services Québec. « L'Internet mobile sera plus important que le fixe d'ici cinq ans. Il faut investir maintenant dans une version mobile des sites corporatifs », ajoute, via Twitter, une autre participante, Esther Chénard, rappelant d'ailleurs que 4,6M de Canadiens ont accès à ce type de connexion, désormais.

 

                   Vers une révolution médiatique

 

           Midi. Nouveau constat : la difficulté c'est toutefois de voir comment évoluer face aux nouvelles réalités qui sont liées au développement d'Internet. Comment les grandes entreprises ou les grands médias peuvent ainsi se positionner.
 
« On assiste à une hyperfragmentation du marché, désormais, tout le monde a accès à des milliers de site web, des centaines de chaînes de télévision, des dizaines de stations de radio. Les auditeurs et auditrices sont de plus en plus sollicités par une offre presque infinie et donc, cet auditoire devient de plus en plus fragmenté », constate Geneviève Rossier, directrice générale, Internet et services numériques, chez Radio-Canada. Dans sa conférence « La technologie au service de la société » elle donne l'exemple de son entreprise, qui développe peu à peu son positionnement dans cette offre multipliée. « En fait, dans ce contexte, la nouvelle, l'information, est devenue une commodité. On oublie l'importance du regard éditorial : qu'est-ce qui est important et, surtout, comment faire le tri lorsqu'on est sur les médias sociaux ? La solution, c'est une question d'équilibre. Savoir profiter pleinement des technologies sans oublier l'apport du regard éditorial, du journaliste, du rédacteur en chef ».
 
            Mme Rossier identifie, à l'intérieur de ce contexte, plusieurs défis… Comment faire évoluer le modèle économique ? Comment garder une identité de marque forte, dans un océan de sites web ? Comment définir notre relation, en tant que citoyens et citoyennes, avec les médias sociaux ? « Mais, dans tout ça, quelque soit le rôle qu'on se donne, dans les grandes marques ou non, chacun a une responsabilité : s'assurer que ces technologies restent au service de la population et non l'inverse », estime-t-elle.
 

            « Avant d'entendre cette conférence, j'étais conscient que Radio-Canada changeait de stratégie, c'est venu confirmer tout ça. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement un canal, c'est un sujet alors qu'avant, le canal, c'était le principal. Je suis très curieux de voir comment tout ça va évoluer », lance Marc Quintin, du Centre national de recherche du Canada. « C'est clair que les médias traditionnels doivent se questionner et je suis content de voir, dans ce contexte, les médias traditionnels évoluer », remarque Simon Plante, de services conseils Systématix.

 

                   Se développer et prospérer grâce aux TI

 

            13h45. La deuxième série d'ateliers débute. Avec le même scénario qu'en avant-midi. Les uns vers une ou l'autre des salles. Et l'incontournable réseautage. Alors que les conférences du  matin mettaient plutôt l'accent sur la maîtrise des TI et les méthodes par lesquelles on peut les intégrer à l'entreprise, celles d'après-midi ont plutôt amené les participants et participantes sur le terrain des possibilités, des retombées, autant économiques qu'organisationnelle, rattachées à l'intégration des TI. Exemple ? La conférence de René Vézina, chroniqueur et blogueur pour le journal Les Affaires. Le titre ? Évocateur : « La prospérité par les TIC ». « Il y a eu beaucoup de constats quant aux TIC et leur impact sur la prospérité et la hausse de la productivité, et quelques pistes. L'une, l'essentiel, c'est de revenir sur l'importance pour les gens d'investir, justement, en visant une hausse de productivité », remarque Serge Drolet, de Revenu Québec.
 
            Parmi les situations évoquées par M. Vézina, la question des ressources naturelles. « Les Français sont plus productifs que nous, mieux outillés et la structure même de leur économie est différente. Ici, on fait encore des 2x4, là-bas, on fait des parfums. L'Oréal génère plus de valeur qu'une scierie à Mont-Louis ! Ici on a beaucoup joué avec les ressources naturelles, en se disant qu'on en avait plein, mais, peut-être que, justement parce qu'on en a beaucoup, qu'on n'a pas pris le temps de devenir plus efficace ». Un retard au Québec en matière de productivité ? Possible. L'idée, selon M. Vézina, est de voir dans quelle mesure la réticence du Québec à accélérer ses investissements en TI explique sa productivité défaillante.  « Il faut bien connaître les TI, pour pouvoir mieux s'outiller, mieux regarder les transformations, percevoir les manières de faire autrement », retient My Ngoc Tu, de Revenu Québec.
 
            Parallèlement, différents développeurs ont, eux, perçu le potentiel des TI pour créer de nouveaux produits. C'est le cas de DeMarque et son entrepôt de livres numériques. Ou encore d'Aragosoft, qui construit des applications pour iPhone et iPad. Première option?  DeMarque. Via la conférence intitulée « De la page à l'écran: le livre et la culture numérique », par Clément Laberge, vice-président, Services d'édition numérique. « Je n'étais pas au courant de la situation du livre numérique au Québec, cette conférence m'a mise à jour, m'a montré les applications, m'a expliqué les différences de marché entre les États-Unis et le Québec. », indique Isabelle Audy, du Centre de services partagés du Québec. 
 
            L'approche de DeMarque change la donne... « Un petit éditeur, au Québec, peut, via notre infrastructure, mettre un livre dans notre entrepôt numérique et, le lendemain, vendre ce livre en librairie, autant en France qu'au Québec. Et, si un libraire ici ou ailleurs veut vendre, en version numérique, les livres de Gallimard, via cet entrepôt, par la force des choses, il ouvre ses porte à tous les éditeurs qui s'y trouvent, autant les plus gros que les plus petits. À chaque fois qu'on ouvre les portes de l'entrepôt dans un nouveau pays, on étends les tentacules des éditeurs d'ici ». Bilan, en date de la JiQ : 370 000 livres feuilletés, 2500 achetés. « Et ça double à tous les trimestres », précise M. Laberge. « C'est d'ailleurs ce qui m'a particulièrement intéressé, le côté innovateur du principe que, pour les petits éditeurs, on a centralisé en un seul endroit l'accès aux livres pour les vendre. Ça leur donne ainsi un accès aux grandes avenues technologiques, un accès ouvert à tous, une approche alternative pour éviter que les petits éditeurs ne soient jamais intégrés », remarque Christine Poulin, de la Société de l'assurance automobile du Québec.
 
            La seconde option, mentionnée tout à l'heure : Aragosoft. Un développeur de la grande région de Québec qui s'est démarqué par la création d'une application iPhone et iPad intégrant les horaires du Réseau de transport de la Capitale, pour la conférence de son président, Martin Demers, « Développement d'applications pour iPhone et iPad ». « Ce que je voulais savoir, en me rendant à cet atelier, c'est ce qui se faisait dans ce domaine de développement dans la région de Québec », explique Thomas Pornin. Et, nécessairement, l'application RTC Mobile développée par Aragosoft est un bel exemple, pour s'être, notamment, retrouvé dans le Top 100 des applications en vente les plus populaire du iStore.
 
            Possible donc, avec une bonne idée, de réussir avec ce médium. « En fait, la technologie est intéressante, c'est fait pour tout le monde, selon leur imagination. Un atelier comme celui-là fait réaliser à quel point ces outils là sont accessibles, à moindre coût », note Réjean Dion, du Centre de services partagés du Québec. Et cela, avec des possibilités de rendement plus q'intéressantes, selon Martin Demers.
 
            Des changements possibles, donc, face à l'économie. Mais qu'en est-il de l'humain, derrière cette économie ? La réponse avec la présentation de Jean-Sébastien Bouchard, associé fondateur de Grisvert : « Cocréer, explorer et s'amuser pour survivre et performer dans un monde dominé par le contrôle, les certitudes et l'agression ». « Ce qu'on en retient, c'est le fait de parler, de garder l'esprit ouvert, de voir les dynamiques changer d'un petit groupe à un gros groupe, c'est une question d'approche, d'ouverture d'esprit, d'écoute », observe Pierre Lafontaine, du Centre de services partagés du Québec.
 

            La réflexion proposée par M. Bouchard amène à la discussion. À des plénières. La question proposée à l'auditoire ? « Qu'est-ce qui serait possible si nous faisions preuve de plus d'ouverture (esprit, coeur, volonté) ? ». Les réponses ? Multiples. Et, surtout, en formule. Pas de grand résumé demande l'animateur. « Harmoniser les différences pour améliorer nos performances ». « Ne pas avoir peur d'exprimer ses valeurs et d'être à l'écoute de celles des autres ». « Mettre l'emphase sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui  nous divise ». « Au travail, il faut tenter de gérer des talents et des caractères plutôt que des CV et des postes ». Ou, enfin : « L'ouverture, c'est accepter qu'il n'y a pas de vérité unique ». « On l'a vu, quand on permet un réel dialogue, les gens aux tables s'écoutent, ne parlent pas l'un sur l'autre. On a une passion partagée, on peut souhaiter qu'il y ait un réel changement. Mais, pour se faire, il faut qu'il y ait de la passion, de la responsabilité, il faut accepter qu'il y ait des choses qui vont changer, sans qu'on sache nécessairement lesquelles », conclut M. Bouchard.

 

                   Un nouveau type de leader

 

            15h30. Conférence de clôture. On termine comme on a commencé, avec des questions autour du rôle du leader. Dans ce cas-ci, du technoleader de résonance. Qui est-il ? À travers sa conférence « Les gestionnaires de la fonction publique québécoise sont-ils prêts à encadrer la Génération C dans des organisations Web 2.0? », Anne Marrec, professeure à l'École nationale d'administration publique développe ce rôle, crucial. « En fait, les médias sociaux introduisent un nouveau paradigme, le défi : revoir les relations avec la clientèle. Toutefois, cela amène un problème : si on change l'offre relationnelle envers nos clients, peut-on refuser ce même changement à nos employés ? », lance Mme Marrec. En ce sens, le rôle du leader en vient donc à se transformer. « Un leader de résonance, c'est quelqu'un qui a une grande oreille, quelqu'un qui, avant tout, est capable d'écouter, qui a un savoir être et un savoir faire avec les autres. Et un technoleader, c'est quelqu'un qui est capable de tirer le plein potentiel des TIC pour obtenir cette résonance. »
 
Nécessairement, dans ce contexte, les outils liés aux TI doivent d'abord être perçus comme un moyen additionnel d'obtenir cette résonance. « Quand on donne la parole aux clients, on ne peut pas museler ses employés, donc, le 2.0 intégré pour l'externe doit questionner aussi les pratiques à l'interne. Et quand on change le mode de participation, il faut en gérer les conséquences et y assurer un leadership », poursuit la professeure. « Face à tout cela, je me dit qu'il faut qu'on sente le feeling virtuel de son entreprise, trouver les outils technologiques, donner des accès et, la clef, c'est de savoir comment l'utiliser à l'interne », soulève Christophe Villemer, de chez Savoir-faire Linux. « Clair que les technologies ne règleront pas le travail collaboratif : c'est le plus grand défi des organisations », ajoute André Delisle, d'Hitachi Systèmes informatiques.
 

            La conférence donne lieu d'ailleurs à des échanges dynamiques via Twitter, dans #JiQ. On retiendra notamment ces réflexions de Denis Lalonde, de Direction Informatique. « Peut-on refuser un accès web 2.0 personnel aux employés si la relation avec les clients exige l'utilisation du 2.0 ? Ce qui rebute les gestionnaires : Intranet conversationnel, forums sociaux, jeux éducatifs en ligne, échanges dans les médias sociaux à l'externe, insécurité individuelle, gestion du risque de sécurité, niveau hiérarchique, compétition et ambitions de carrière et… manque d'expérience en gestion ». « Le technoleader doit sentir son organisation par les voix numériques : pas facile, qui en connaît ? », se questionne de son côté un autre participant à la JiQ, Nicolas Fruit.

 

                        Le mot de la fin

 

            16h15. Déjà, c'est le moment de la conclusion. D'abord, en l'absence de l'invitée d'honneur de la journée, Michelle Courchesne, ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, retenue par un vote à l'Assemblée Nationale, c'est Denis Garon, sous-ministre associé auprès du dirigeant principal de l'information au Ministère des Services gouvernementaux qui prend la parole afin de présenter les orientations en matière de TI du gouvernement québécois. 
 

Au final, que retenir de cette journée ? « Tous s'accordent pour dire que l'émergence des réseaux sociaux est venue bouleverser notre rapport à l'autre. Force est de constater que ces réseaux favorisent les rapprochements avec les amis, la clientèle et... le monde. Je suis persuadé que les technologies de l'information donneront une nouvelle couleur à la démocratie. Les nouveaux outils technologiques contribueront certes à augmenter la participation à l'exercice démocratique, notamment chez les plus jeunes », réponds M. Lemieux. Ainsi, la JiQ 2010 aura permis de réaliser à quel point les TI sont « au coeur de notre vie », présente dans toutes ses sphères, autant familiales que professionnelles, et, surtout, sont porteuses d'innombrables possibilités. Ne reste qu'aux entreprises et aux leaders d'ici à continuer de se les approprier et à les développer toujours plus avant.
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