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Le français dans les TI au Québec, c’est possible?

mercredi 26 février 2020

Dans le domaine des technologies de l’information, Le Québec a été remarqué pour son excellence et ses connaissances à la fine pointe au cours de la dernière décennie. En effet, de nombreuses grandes organisations canadiennes, américaines et européennes ont bénéficié des services des entreprises d’ici ou ont fait appel à elles pour les appuyer dans leurs activités impliquant les TI. Mais lorsqu’on discute de collaboration internationale, on le fait surtout… en anglais.

Si l’anglais domine en TI au Québec actuellement, c’est avant tout une question de simplicité. Non seulement son utilisation facilite les échanges avec le reste du monde, mais elle évite la confusion liée à des traductions diverses de références théoriques et techniques universelles au sein même de la communauté TI francophone.

Que faire pour qu’il y ait plus de français dans les TI?

Est-ce qu’il serait possible, malgré tout, de faire une plus grande place au français dans les TI? Oui, tout à fait.

D’abord, il faudrait se doter de plus de normes qui nous obligent à lui accorder une juste place. Parfois, il n’y a qu’un pas entre «simplicité» et «paresse». Heureusement, l’Office québécois de la langue française veille déjà à ce que nous ne tombions pas dans la seconde catégorie en demandant que :

  1. Tout le matériel porte des inscriptions en français et puisse produire tous les signes diacritiques (accents, cédille, tréma) du français.
  2. Tous les logiciels offrent une interface utilisateur en français.
  3. Tous les services soient offerts en français.
  4. Toutes les entreprises de plus de 50 employés généralisent l’utilisation du français, y compris dans les technologies de l’information. (article 141, 9o)

En exprimant une volonté collective de franciser le milieu, d’autres points pourraient certainement être ajoutés à cette liste.

Mais les normes, ce n’est pas tout. Il faudrait aussi faire preuve de plus de créativité. Lors de sa conférence au sujet de l’enjeu du français dans les TI à la JIQ 2019 tenue l’automne dernier, Bruno Guglielminetti nous rappelait que les mots, pour passer dans l’usage courant et être compris de tous de la même façon, devaient d’abord être inventés. Il soulignait qu’aujourd’hui, personne ne ressent de confusion lorsque nous utilisons le terme «courriel». Et pourtant, ce mot-valise, généré par la contraction des mots «courrier» et «électronique» pour éviter l’emprunt à l’anglais email, est une innovation linguistique québécoise qui date d’à peine 20 ans.

Est-ce donc utopique d’envisager l’usage courant du français dans les TI au Québec? Pas du tout. Pour l’instaurer, il faudra simplement collectivement cesser de voir le français comme un obstacle aux affaires internationales et revaloriser l’emploi de la langue qui nous rend si uniques.